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Les maisons en bois ont le vent en poupe

Publié le par M.Hermassi

Construction d'une maison entièrement en bois le 16 août 2011 à Petaluma en Californie

HABITAT - Ecologique, saines et naturelles, elles sont en plein essor...

Anecdotique il y a encore cinq ans, la construction de maisons en bois connaît un véritable essor, de plus en plus de Français étant désormais séduits par ce matériau écologique, naturel et particulièrement respectueux de l'environnement. «Il y a cinq ans, la construction en bois représentait seulement 5% du marché de la construction individuelle», affirme Pascale Diacono, directrice du salon «Vivons bois», qui se tient du 4 au 7 novembre à Bordeaux. «Mais désormais, cela représente 10% du marché total de la construction avec 20.000 maisons en bois construites en 2011, contre 15.000 en 2009, 10.000 en 2005 et 5.000 en 2000», se félicite Loïc de Saint-Quentin, secrétaire général de l'association française des constructeurs bois (Afcobois).

«Cette évolution s'explique par le fait qu'il y a vingt ans, les maisons individuelles étaient réservées à une clientèle plutôt aisée, une sur deux notamment était réalisée par un architecte, ils ne voulaient pas une maison banale mais depuis dix ans, des gens plus modestes s'y intéressent et même des primo-accédants», souligne-t-il. Parallèlement, de plus en plus de Français ont recours au bois pour procéder «aux extensions et surélévations de leurs logements, ce qui constitue un nouveau marché», pointe Loïc de Saint-Quentin.

Selon lui, les aspects environnementaux - un mètre cube de bois permettant de capter et de stocker près d'une tonne de CO2 - et la performance thermique de ce matériau, qui permet de faire de vraies économies d'énergie, sont les deux principales raisons qui expliquent cet engouement. Ainsi, 25% des maisons labellisées «bâtiment basse consommation» énergétique (BBC) sont des constructions en bois.

«Nous sommes un peu à la traîne»

Les maisons en bois demeurent cependant toujours plus chères que les demeures construites en parpaings: environ 1.500 euros le m2 pour les premières contre 1.200 euros le m2 pour les secondes. «Mais cette différence de prix tend à se réduire», estime Loïc de Saint Quentin. Parallèlement, le nombre de constructions en bois dans le logement collectif, les immeubles de bureaux, les hôtels ou la construction de bâtiments publics (lycées, écoles) est en plein développement.

Grâce aux récents progrès techniques, il est désormais possible d'édifier des immeubles en bois allant jusqu'à trois étages et «il y a une vraie demande pour aller au-delà», affirme Pascale Diacono. Des immeubles en bois comptant huit, voire dix étages, ont déjà vu le jour en Suède et Royaume-Uni mais en France, «nous sommes un peu à la traîne», regrette Philippe Gallimard, représentant du pôle de compétitivité Xylofutur et professeur à Bordeaux I.

Une autre faiblesse du marché français pointée par Christian Colvis, architecte-designer spécialiste du pin maritime et directeur scientifique du projet Innovapin, est que «63% des constructions en bois ne sont pas issues de forêts françaises». «Nous avons du bois mais seulement quelques entreprises qui se sont lancées dans sa transformation», selon Loïc de Saint Quentin. Les constructeurs se tournent donc vers l'Allemagne, l'Autriche et les pays scandinaves pour trouver des produits correspondant à leurs besoins. En 2010, la filière bois française affichait un déficit de 6,4 milliards d'euros, selon le ministère de l'Agriculture.

20minutes.fr

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