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Décryptage d’un monde en mouvement

Publié le par M.Hermassi

Maître feng shui, consultante et formatrice, Marie-Pierre Dillenseger est spécialiste de la pensée chinoise millénaire. Quelles clés celle-ci peut-elle nous apporter face aux difficultés ?

 

© Stéphane Allix

Il est 14 heures à Paris, 8 heures du matin dans le Massachusetts. Marie-Pierre Dillenseger est déjà à pied d’œuvre, dans son bureau de Cambridge, face à son écran Skype. Maître feng shui, spécialiste de la pensée chinoise, elle jette sur les crises, sociétales ou individuelles, un regard modelé par une autre compréhension du monde. Notions de cycles, de forces, de globalité, de contexte spatio temporel : quelles sont les clés de cette approche ? Qu’ont-elles à nous apprendre ? 
Marie-Pierre Dillenseger met ses connaissances au service des organisations et des particuliers, afin de les aider à choisir les moments et les espaces les plus favorables à la réalisation de leurs projets. Quelles ressources mobiliser ? Comment réagir face aux difficultés ? A ces questions, elle répond avec enthousiasme et précision, s’appuyant sur l’enseignement millénaire dont elle est porteuse, ainsi que sur sa perception aiguë des énergies. 

Quel regard la pensée chinoise porte-t-elle sur les périodes de crise ? 
M-P. D : 
Codifiée depuis des millénaires, elle s’appuie sur une lecture cyclique du temps. A l’échelle humaine, par exemple, il existe des cycles de 60 ans, de 60 mois, de 60 jours, de 60 heures… L’énergie temporelle dans laquelle nous baignons est en constant renouvellement, ses qualités ne cessent de varier. Cette vision implique d’accepter que l’écoulement du temps n’est pas linéaire, qu’il peut apporter du mieux et du moins bien. 

Aujourd’hui, le malaise semble être à tous les niveaux – écologique, économique, social, spirituel… Comment comprendre cette cristallisation ? 
M-P. D : 
Il existe à l’échelle de la planète des grands cycles de 180 ans, divisés chacun en 9 périodes de 20 ans. Celui dans lequel nous sommes actuellement a commencé en 1864 et se terminera en 2044. Nous en traversons l’avant-dernière période – de 2004 à 2024. Dans la pensée chinoise, cette avant-dernière période est associée à un mouvement de transformation majeure, à tous les niveaux – individuel, comportemental, philosophique, spirituel… Ses 10 premières années correspondent à une période de mise en place. Nous la vivons comme une crise, mais c’est normal ! Elle est le symptôme d’une résistance au changement, à un moment où les forces nouvelles ne sont pas encore déployées. La mutation entraîne des tensions ; on sent que les individus ont encore du mal à lâcher certaines énergies révolues (telles que celles de l’intellect, du raisonnement, de la maîtrise et du pouvoir) pour s’ouvrir à ce qui vient. Le nettoyage des habitudes et des modes de pensée s’effectue rarement sans heurt. 
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout jeter à la poubelle, mais qu’il est temps de se laisser porter par un effet d’entraînement, d’oser accepter de voir les choses un peu différemment. Déjà, des initiatives apparaissent, on commence à assister à un renouvellement des savoir-faire – y compris dans le système bancaire. Les choses devraient s’accélérer dans les prochaines années. La vie est du côté du changement perpétuel : en permanence, nos cellules meurent et renaissent. La connaissance des cycles permet de comprendre la cadence d’installation de la nouvelle énergie ; elle aide à tenir dans les temps difficiles, par la compréhension de ce que chaque période apporte. 

Faut-il donc simplement « attendre et voir venir » ? 
M-P. D : 
Les Occidentaux ont souvent tendance à percevoir cette vision du monde comme passive et attentiste. Dans le mode de lecture chinois, il s’agit plutôt de modifier sa position par anticipation, en fonction des éléments apportés par la connaissance des cycles. L’espoir est lié à la conscience qu’un changement adviendra inéluctablement, que les prochains jours, mois ou années apporteront une texture énergétique différente. Cela ne signifie pas ne rien faire, mais voir ce que l’on peut mettre en œuvre dans l’immédiat, à son niveau, tant que les circonstances extérieures n’ont pas bougé. C’est comme dans les arts martiaux : si vous perdez un certain nombre de combats, il ne faut pas vous dire que vous n’en remporterez jamais, mais revenir au dojo pour trouver la bonne parade. Il y en a toujours une – mais quand on est le nez dans le guidon, on peine à la discerner. Il est de notre responsabilité de la découvrir. Ainsi, l’obstacle est vu de manière constructive, comme une occasion de développer d’autres forces ou de se placer autrement. Ce décodage permet de se projeter favorablement. 

Quelles sont les forces que nous pouvons mobiliser ? 
M-P. D : 
Dans la pensée chinoise, tout succès, tout projet est considéré comme le résultat d’une équation à trois forces : le temps, l’espace – c’est-à-dire le lieu où l’on se trouve – et l’individu. Les forces temporelles sont posées comme totalement extérieures à nous. De même, si vous étiez au Liberia plutôt qu’en France, vous travailleriez sûrement sur d’autres sujets… En fonction de qui nous sommes, de notre énergie propre, nous ne réagirons pas de la même manière aux mouvements de notre environnement. Certains d’entre nous seront plus en résonance avec les forces actuelles de renouvellement, leur énergie personnelle s’en trouvera boostée. D’autres, au contraire, se sentiront décalés. Aucun cycle de 20 ans n’est meilleur qu’un autre ; tous sont porteurs de qualités différentes. 
C’est comme dans un manège : si 15 enfants dessus cherchent à aller à contresens, cela n’empêchera pas le manège de tourner, mais cela engendrera de la confusion et de la résistance. En revanche, si les enfants sont en phase avec le sens du manège, le mouvement deviendra plus fluide. Imaginons par exemple que vos patrons fassent de la rétention d’information et continuent à considérer que les collaborateurs ne doivent pas tout savoir. Cette posture générale de l’entreprise est dépassée par rapport à l’énergie de l’époque. Certains employés vont ressentir le décalage entre leur réalité quotidienne et ce vers quoi le monde va. Ce qu’il leur conviendra de faire à titre individuel – patienter ou commencer à faire quelques pas dehors – dépendra de la carte énergétique de chacun. 

Que peut-on faire pour comprendre comment se positionner ? 
M-P. D : 
En période d’obstacles, le mode de lecture chinois recommande la circonspection et la prise de recul. S’agiter davantage, essayer de forcer le cours des événements par la force ou la volonté ne sert à rien. Tant que le monde est épouvantable à l’extérieur ou que nous ne comprenons pas ce qui bouge, notre principale ressource est de nous caler sur ce que nous sommes, sur ce qui va nous permettre de survivre, de ce matin à cet après-midi, d’aujourd’hui à demain. Il ne s’agit ni de désespérer, ni de nous activer dans tous les sens, mais de nous rendre disponibles à ce qui, dans notre enveloppe physique, nous permet de nous ancrer, de renouveler nos cellules, de travailler notre propre qualité d’énergie. 
En Occident, nous avons tendance à nous penser plus puissants que nous ne sommes. De là naît tantôt une illusion de grandeur, qui nourrit beaucoup d’espoir, tantôt celle d’être abandonnés par l’univers, qui nous porte au désespoir. L’éclaircie ne viendra pas parce que nous le voulons, mais parce qu’elle vient. L’important est de tenir jusqu’à son arrivée, en faisant ce qu’il faut, chacun à notre niveau. C’est ainsi que nous nourrirons les conditions de l’espoir. C’est un placement relatif, individuel, dans un système en mouvement perpétuel. 

Ce repli sur soi n’est-il pas un peu nombriliste ? 
M-P. D : 
Je dirais plutôt qu’il faut arrêter d’attendre que le changement vienne uniquement de l’extérieur. C’est une autre forme d’activisme, qui commence par soi. L’évolution vers une vie plus fluide, plus en phase avec nos espérances, ne peut venir que d’une adéquation entre ce que nous portons et ce que le monde apporte. L’objectif est d’être à sa juste place. Si vous mettez un paquebot dans une rivière ou une barque dans un océan, les problèmes sont courus d’avance ! 
L’important, dans un premier temps, est de remobiliser nos capacités d’observation. D’arrêter de trop intellectualiser pour porter attention à notre boussole interne, celle qui nous dit : « Vas-y » ou « N’y vas pas », et nous aide à repérer les situations qui nous conviennent mieux que d’autres. Les conditions du changement sont en nous. Nous n’avons pas de prise sur les cycles temporels immuables, mais nous pouvons nous libérer de certains carcans en étant très à l’écoute des forces que porte le petit individu que nous sommes. Par exemple, si vous avez des capacités d’entrepreneur mais que vous demeurez dans un système salarié, ce sera à vous d’investir du temps pour comprendre comment développer les compétences qui se trouvent à l’étroit dans votre emploi actuel. Le processus n’est ni rapide ni spectaculaire, mais il est dynamique. Nous autres Occidentaux avons du mal avec la patience, parce que nous l’assimilons à de la passivité. Les choses prennent du temps, il faut garder confiance dans le mouvement des énergies. 
Dans ma pratique, je constate que le plus difficile pour les gens n’est pas d’agir quand le moment est bon, mais de ne pas agir quand le moment n’est pas opportun ! Je dois souvent leur faire tolérer le fait qu’ils sont pour l’instant au point mort, et qu’ils ont intérêt à attendre quelque temps avant de lancer un projet. Mes recommandations sont très précises, mais mon intervention n’a d’effet que s’ils acceptent de bouger certaines choses dans leurs manières de faire, d’habiter leur espace, de prendre des décisions, etc. 

Sur quels outils vous appuyez-vous ? 
M-P. D : 
Selon l’approche chinoise, l’énergie vitale de chacun se déploie dans le temps depuis l’instant de sa naissance. Pour comprendre dans quel cycle de sa vie se trouve la personne et quels conseils lui donner pour optimiser ses potentiels, je pars donc de sa date de naissance, afin de définir son thème astrologique et tracer sa carte énergétique. 
Ce travail peut aussi s’appliquer à une collectivité – il me faudra alors la date de création de la société et les dates de naissance des dirigeants les plus impliqués humainement et financièrement. Il peut également être utile pour un lieu, à partir de la date où le toit a été posé sur le bâtiment et de son orientation. Mon rôle, ensuite, est de tenter d’établir un alignement des forces, c’est-à-dire une corrélation entre la trame énergétique de l’individu, celle de son espace, et les grandes forces temporelles en jeu à ce moment. 

Il n’est pas toujours évident d’oser le changement, même lorsque le moment est bon. La peur est un frein très puissant…
M-P. D : 
C’est une émotion paralysante, utile lorsqu’elle est au service de la survie, mais aujourd’hui trop exagérée, car alimentée par un manque de vision et de confiance dans un renouveau, certes encore inconnu, mais à venir. En médecine chinoise, le foie est considéré comme le siège des émotions. L’élément chinois associé au foie, donc aux émotions, c’est le bois, métaphore du renouveau. L’énergie dominante du cycle de 20 ans que nous traversons actuellement est celle de la terre – une force d’inertie en apparence mais de transformation en profondeur. Entre ces deux énergies, la relation n’est pas fluide, il y a une tension dynamique, un combat. La période vient donc nous bousculer, elle affole nos émotions. En sortiront gagnants ceux qui parviendront à la fois à reconnaître qu’ils ont peur et à mobiliser malgré tout des forces de renouvellement, quand bien même ils ne savent pas où elles les mèneront. L’enjeu est de réussir à tolérer l’inconfort de ce grand écart. Pour y parvenir, il faut de l’ancrage. 

Et comment s’ancre-t-on ? 
M-P. D : 
Les Chinois diraient que nous avons trop de feu dans la tête : nous réfléchissons trop. L’ancrage part du corps. C’est lui qui nous permet, au niveau cellulaire, d’être en pleine forme. Il passe par ce que nous mangeons et buvons tous les jours, par la qualité de notre sommeil, ainsi que par une vigilance accrue à ce qui nous prend des forces au quotidien et à ce qui nous en donne. Une fois repéré ce qui nous pompe, il faut lui rogner les ailes. Par exemple, si l’on est gêné par le bruit de la cafétéria, ne plus y aller, ou n’y aller qu’un jour par semaine, ou y aller un jour de moins par semaine. L’exercice n’est pas compliqué, mais il demande un peu de discipline et de patience – des valeurs qui ne sont pas celles que nous a fait miroiter notre société dans les 50 dernières années ! La liberté, ce n’est pas de tout avoir tout de suite, de n’importe quelle manière, mais de trouver les clés de son harmonie. Cela passe par un moment de présence à soi-même. 

Est-il possible d’entendre que des jours meilleurs sont à venir quand on est confronté au pire, à la violence ou à l’oppression ? 
M-P. D : 
La plupart du temps, c’est effectivement très difficile à accepter. Nous n’avons pas été formatés en ce sens. Pour nous, le temps est linéaire ; nous projetons sur la suite les difficultés passées ou actuelles. Il ne s’agit pas de minimiser ces difficultés, elles sont réelles, mais de parvenir à les voir sous un autre angle, à les inscrire dans une logique cyclique plus large. Dans les situations les plus désespérées, cela ne rend pas forcément plus facile l’acceptation de la mort, mais cela peut favoriser la conscience que la vie suivante sera porteuse de forces nouvelles. 

Au niveau collectif, quel avenir nous réservent les prochaines années ? 
M-P. D : 
La période 2024-2044 sera la dernière du grand cycle actuel de 180 ans. Elle est associée à l’élément feu, métaphore de la lumière, lié aussi à la spiritualité. Nous nous dirigeons vers une conscience accrue – au risque même de décoller un peu trop ! Si la barbarie semble aujourd’hui reprendre du terrain, c’est le signe que des combats énergétiques sont à l’œuvre. L’arrivée des forces de lumière réveille forcément des forces de résistance. Mais au final, le feu l’emportera. 

Nous ne resterons pourtant pas en pleine lumière pour l’éternité…
M-P. D : 
De 20 ans en 20 ans, au sein du cycle de 180 ans qui débutera en 2044, les choses continueront à évoluer. Nous retournerons par exemple d’abord à l’énergie de l’eau, symbole du mouvement et de la prise de parole – celle-ci ne pouvant émerger qu’une fois qu’on a vu clair. Autre point important : aucune période ne sera jamais favorable à tout le monde. Selon son énergie individuelle, chacun sera plus ou moins à l’aise avec les cycles à l’œuvre – qu’ils soient mensuels, annuels ou autres. 

Dans votre approche, qu’apporte la pensée par analogie ? 
M-P. D : 
C’est un complément précieux à la pensée logique. A certains moments, cette dernière n’est plus efficiente, il devient nécessaire d’introduire une perspective différente. Par exemple, lorsqu’une personne m’exprime sa frustration de ne pas réussir à verbaliser un problème, plutôt que de lui donner des outils pour mettre des mots, je vais lui conseiller d’être le plus en contact possible avec l’eau pendant 15 jours – en prenant des bains, en marchant sous la pluie… Dans la pensée chinoise, l’eau est la métaphore de ce qui coule et circule. Son énergie est en résonance avec celle de la communication. Cette approche, d’autant plus qu’elle touche au corps, rend tangible une force qui n’était pas directement accessible à la personne ; elle l’aide à entrer en contact avec cette énergie, autrement. L’analogie permet aussi de ne pas être uniquement dans l’explication du pourquoi et du comment, mais de proposer des exercices concrets, très simples, adaptés à la carte énergétique de la personne, destinés à la nourrir en attendant que les cycles lui soient plus favorables. 

Comment transmettre à nos enfants une meilleure intelligence du monde ? 
M-P. D : 
Il faut leur laisser du temps vide, non affecté au faire. Impossible d’accueillir un nouvel ouvrage sur nos étagères si celles-ci sont pleines à ras bord ! L’arrivée d’une énergie nouvelle ne peut advenir sans qu’on lui laisse de l’espace. Si nos enfants râlent parce que se profile l’énergie de l’ennui, il faut les rassurer, les laisser imaginer par eux-mêmes comment s’occuper. Une demi-heure plus tard, ils auront trouvé ! Ils développeront ainsi très jeunes la capacité d’être attentifs à leurs forces et créateurs de leur propre destin.

INREES - Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires

 

 

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Mort de l’un des plus grands mathématiciens du XXèm

Publié le par M.Hermassi

Alexandre Grothendieck mort jeudi Saint-Girons l’Ariège, 86 ans

 

Inconnu du grand public, Alexandre Grothendieck a pourtant révolutionné le domaine de la géométrie algébrique. Sa vie est un roman.

 

Toute sa vie, il a cherché à éviter la lumière. Sa mort, hier, à Saint-Girons dans l’Ariège, à 86 ans, a également failli passer inaperçue. Cela aurait été dommage. Car la vie de ce mathématicien hors norme est incroyable. Qualifié par ses pairs de génie hors norme, de légende mathématique, il a révolutionné notamment le domaine de la géométrie algébrique.

Pris dans les rets du nazisme, apatride, anarchiste, antimilitariste, il n’en est pas moins à l’origine de l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) de Bures sur Yvette et lauréat de la médaille Fields. Mais à la fin des années 1960, il tourne le dos à sa brillante carrière académique pour devenir un écologiste radical puis un ermite coupé de tous. Trois passions l’ont animé tout au long de sa vie, raconte-t-il, dans son autobiographie « Récoltes et semailles » : les mathématiques, la quête de la femme et la méditation.


Né à Berlin en 1928 d’un père juif anarchiste qui le reconnaît mais qui n’épouse pas sa mère, divorcée d’origine protestante et bourgeoise, le petit « Sacha » grandit dans les cercles radicaux de la capitale allemande jusqu’à ce que la montée du nazisme contraigne ses parents à quitter l’Allemagne. Direction l’Espagne où ils participent à la guerre civile au côté du front populaire tandis que lui est envoyé à Hambourg dans la famille d’un pasteur protestant.

La famille ne sera à nouveau réunie que brièvement. Au début de la guerre, son père est interné dans un camp dans l’Ariège puis à Auschwitz où il meurt en 1942. En 1940, Sa mère et Alexandre sont aussi emmenés dans un camp, à Rieucros en Lozère, mais ils en réchappent. Sacha va à l’école, francise son nom en Alexandre et réussit à finir ses études secondaires à Mende, sans éclat particulier.

Après la guerre, la mère et son fils s’installent près de Montpellier et c’est là qu’Alexandre entame une licence de mathématiques. Il n’y brille pas non plus. Mais un professeur est intrigué par cet étudiant qui lui assure avoir mis au point une méthode pour calculer des volumes complexes. Doté d’une lettre de recommandation, il se retrouve à Paris puis à Nancy, un bastion de l’analyse fonctionnelle à l’époque, pour préparer sa thèse sous la férule de Laurent Schwartz et Jean Dieudonné. En quelques mois, il apporte 14 réponses aux 14 énigmes sur lesquelles ces deux grands mathématiciens butent... A 20 ans, et en l’espace de quelques mois, Alexandre Grothendieck rédige l’équivalent de six thèses de doctorat. Sa réputation grandit.


S’ensuit une carrière universitaire brillante au CNRS en France puis au Brésil, faute de pouvoir rejoindre la fonction publique du fait de son statut d’apatride _ auquel il ne veut pas renoncer _ et aux Etats-Unis (Kansas, Chicago).C’est alors qu’il se tourne vers la géométrie algébrique, domaine qu’il va complètement refonder. Alexandre Grothendieck devient une légende, marquant les esprits par sa capacité hors du commun à généraliser, à dépasser le cas particulier pour tracer des pistes de recherches sur lesquelles travaillent encore aujourd’hui des centaines de mathématiciens.

Un industriel suisse Léon Motchane lui finance un écrin à sa mesure : l’Institut des hautes études scientifiques de Bures sur Yvette. Entre 1960 et 1967, il rédige les quatre premiers chapitres des « Eléments de géométrie algébrique », en collaboration avec Jean Dieudonné. En 1966, il reçoit la médaille Fields (la plus haute récompense en mathématiques) mais refuse de se rendre en URSS pour la recevoir.

Une fin de vie en ermite

C’est vers la fin des années 1960 que sa vie prend un nouveau tour. Anarchiste dans l’âme, Alexandre Grothendieck délaisse la carrière universitaire pour embrasser la cause écologiste. Il fonde le groupe « Survivre et vivre ». Au Collège de France, plutôt que d’enseigner les maths, il préfère dispenser un cours intitulé : « Faut-il continuer la recherche scientifique ? » Il n’est pas renouvelé... Avec sa compagne d’alors Justine Bumby, il fonde une communauté près de Paris avant de retourner près de Montpellier, où il enseigne à l’université jusqu’à sa retraite en 1988. Il s’installe ensuite dans l’Hérault, écrit encore quatre livres dont le plus célèbre est « Recoltes et semailles », une autobiographie d’un millier de pages qui ne trouve alors pas d’éditeur...

Un épisode qui renforce sans doute sa misanthropie. En janvier 2010, Alexandre Grothendieck écrit une note où il demande que son œuvre disparaisse des bibliothèques et que toute republication soit interdite. Non sans succès, il organise de son vivant sa disparition ne voulant même pas dévoiler le nom du village des Pyrénées où il mène une vie d’ermite jusqu’à sa mort, brouillé avec tout le monde. Il a eu six enfants.

Les Echos.FR

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Méfiez-vous de vos clés USB!

Publié le par M.Hermassi

 

Et, de façon générale, de toute sorte d'appareils de stockage portatifs: disquettes, lecteurs MP3... mais surtout clés USB, préviennent deux chercheurs en sécurité informatique.

Fin septembre 2014, deux chercheurs ont choisi de publier leurs travaux, commel'explique Le Monde ce 3 octobre, relançant ainsi l'intérêt pour cette vulnérabilité nichée au coeur des clés USB. L'occasion de relire cet article publié en août.

Elles ont l'air inoffensives, comme ça, quand elles se glissent dans nos poches et nos ordinateurs, en empruntant toute sorte de formes, de tailles et de couleurs. Sauf qu'il n'en est rien: deux chercheurs de sécurité informatique, Karsten Nohl and Jakob Lell, affirment avoir la preuve que les clés USB sont intrinsèquement mauvaises. Et presque bonnes à jeter.

En disséquant pendant plusieurs mois le fonctionnement de ces petits appareils de stockage, ce duo d'experts a en effet découvert qu'il était possible de programmer un logiciel dit«malveillant», ou «malware», dans le code de fonctionnement des clés USB. Celui-là même qui permet l'échange de fichiers entre la clé USB et un ordinateur.

Et pour en apporter la preuve, Karsten Nohl and Jakob Lell ont carrément créé eux-mêmes ce genre de programme, explique Wired, qu'ils ont très judicieusement intitulé «bad usb». Programme qu'ils comptent présenter à l'occasion de la célèbre conférence de sécuritéinformatique américaine, BlackHat, qui se tient du 2 au 7 août.

Vilaine, vilaine clé USB donc, d'autant plus redoutable que rien, ou presque, ne peut parer à cette exploitation malveillante du code qui les fait tourner, comme l'explique Karsten Nohl, toujours dans Wired:

«Vous pouvez la donner à des spécialistes de la sécurité informatique; ils la scanneront, supprimeront quelques fichiers, et vous la rendront en vous disant qu'elle est "propre".»

Ni le formatage, ni vos antivirus n'auraient la capacité de détecter ce logiciel malveillant qui a la possibilité, résume encore Karsten Nohl, «de faire tout ce que vous pouvez faire avec un clavier». Soit en gros prendre le contrôle de l'ordinateur. Le site spécialisé évoque par exemple l'espionnage des communications, ou la modification de fichiers.

Si les deux experts envisagent une première solution, qui consisterait à faire en sorte que les clés USB n'acceptent sur le logiciel qui les fait touner (ou firmware) que les mises à jour autorisées par les fabricants, ils précisent néanmoins que cette option peut être facilement déjouée.

Seule solution, ou presque: condamner vos ports USB avec de la superglu.

Si le scénario semble un peu extrême, sachez qu'il est vivement recommandé –si ce n'est pratiqué– dans des entreprises et organisations sensibles, où l'information qui y circule se transforme vite en secret à ne surtout pas divulguer.

 

La version sushi n'est pas moins inoffensive | FlickR licence cc by

A vrai dire, les spécialistes de l'informatique se méfient depuis toujours de tous les supports de stockage mobiles...disquettes comprises, comme le rappelle ici Luc Vallée, de l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information)!

Car qui dit mobile, dit possibilité d'intrusions extérieures: avec une clé USB (ou autre), il est possible de voler des données ou installer des fichiers sur un ordinateur, le tout évidemment à l'insu de son propriétaire.

De nombreuses recommandations officielles, émanant par exemple des organismes responsable de la sécurité des réseaux en France, évoquent ce problème.

Ainsi, cette note de 2006, mise à jour en 2009, du Certa (pour Centre d'expertise gouvernemental de réponse et de traitement des attaques informatiques, qui dépend de l'Anssi), préconise explicitement de se méfier de ce genre de demande:

«Excusez-moi, pourrais-je connecter quelques minutes mon lecteur de musique MP3 sur votre port USB?... Les batteries sont déchargées, et je ne rentre que demain chez moi. Merci beaucoup!»

Et pour rappel, Stuxnet, l'un des plus célèbres virus de l'Histoire, s'est également appuyé sur une clé USB. A priori développé par les services de renseignements américains, ce virus a réussi à pénétrer la zone ultra-sécurisée d'une usine nucléaire en Iran très probablement grâce au manque de vigilance d'un employé du site. Ou, comme le résumait à l'époque de manière moins sympathique un instigateur du projet dans le New York Times:

«Il y a toujours un idiot qui ne prête pas attention à l’USB qu’il tient au creux de la main.»

 

Slate.fr

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Les paradoxes de notre siècle

Publié le par M.Hermassi

Jennifer Lopez, le secret de ses fesses a 27 millions de dollars enfin devoile

 

 L'otage français en Algérie a été décapité par ses ravisseurs


Voici deux titres qui ne vont pas ensemble, pourtant, je n’ai fait qu’un copier collé !

Titre au dessus, on évoque l’assassina d’une victime innocente du à une certaine politique,  « Une décapitation » Juste en dessous on fait les éloges  des fesses  de Jennifer Lopez, à 27 millions de dollars. Vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose de dérangent, de déroutant, dans le comportement humains ? Un vent satanique souffle sur l’humanité, on devient insensible à la souffrance des autres, dans la rue, on passe a coté de quelqu’un agressé sans lui porter secours. On exploite des images, et des vidéos horribles, qui ont un impact sur l’esprit, le rendant par la répétition, insensible au malheur des autres. Quand je vois tout ça, je me dis « c’est vrais qu’il nous faut reconsidérer les choses, et instaurer un nouvel ordre mondial, aussi impitoyable que le programme qui est entrain de se réaliser devant-nous. Le monde est à refaire, une grande lessive est nécessaire pour nettoyer le monde de beaucoup de déchets humains.

 

                                                   M.Hermassi

 

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Encore une aberration de taille !!

Publié le par M.Hermassi

Pour faire partie d’un réseau social High, il faut débourser 9000+3000 dollars, c’est plutôt un club d’imbéciles qui ne savent plus quoi faire de leur argent. Je suis sur qu’ils  s’ennuieront à mourir, a se raconter leur petit trucs de riches paumés.

                                             M.Hermassi

 

Page d'accueil du site Netropolitan. /

 

Le site Netropolitan est réservé à une élite puisqu'il faut débourser pas moins de 9000 dollars de frais d'inscription puis 3000 dollars de cotisation par an pour être membre de ce «club haut de gamme en ligne».

 

 

Les riches ne trouveraient pas leur place sur Facebook. Qu'à cela ne tienne, un Américain de 48 ans, James Touchi-Peters, leur a trouvé une solution. Ce dernier, compositeur et ancien chef de l'orchestre philharmonique du Minnesota, a lancé récemment un réseau social très select, Netropolitan.

Pour figurer parmi ce club très élitiste, il faut débourser pas moins de 9000 dollars (près de 7000 euros) de frais d'inscription puis 3000 dollars de cotisation chaque année. Et pour ce prix, le «club haut de gamme en ligne» n'offre rien d'autres qu'une appartenance au réseau social. Pas de galas, ni rallyes ou invitations à des soirées privées...

Pour ce prix, le site garantit toutefois que ses membres ne trouveront aucune publicité et une équipe sera chargée de modérer les contenus. Le site se définit d'ailleurs lui-même comme le «club réservé à ceux qui ont plus d'argent que de temps».

Le principe n'est pas nouveau

James Touchi-Peters estime qu'il y a «un réel besoin pour un lieu où l'on peut évoquer tous les sujets sans craindre de susciter de réactions outrées ou violentes, un endroit où des gens pourraient partager des goûts et des expériences communes», confie le fondateur du site américain à CNN . Certains «affirment se sentir jugés pour leur évocation de certains sujets sur les autres réseaux sociaux, comme s'ils se vantaient», indique par ailleurs une porte-parole du site.

Reste à savoir si ce besoin existe réellement. De fait, le principe n'est pas nouveau. Avant Netropolitan, d'autres réseaux extrêmement élitistes ont vu le jour sans toujours rencontrer le succès escompté, à l'instar de A Small World («un petit monde»), 

Le  Figaro.fr

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