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FAIRE SON COMPOST EN VILLE

Publié le par M.Hermassi

Faire son compost en ville

Pour alléger nos poubelles, trier nos déchets, c’est bien, mais les composter, c’est encore mieux. Impossible en ville? Pas si sûr! Les citadins sans jardin recyclent désormais leurs épluchures au pied de chez eux ou en appartement.

1. NOS ÉPLUCHURES VALENT DE L’OR 

Nos épluchures valent de l’or ! Comme toutes les matières organiques, qui composent 30 à 40 % du poids de nos poubelles, elles peuvent devenir le meilleur des fertilisants naturels pour les sols et les végétaux : le compost. Sauf qu’elles finissent la plupart du temps en décharge ou brûlées dans des incinérateurs, générant gaspillage, gaz à effet de serre, pollutions diverses et… mauvaises odeurs.
Alors, par souci écologique et économique, et surtout pour offrir un engrais de choix à leurs jardinières ou espaces verts, des citadins sans jardin s’y mettent aussi. Car contrairement aux idées reçues, composter ses déchets ne dégage pas d’odeurs désagréables, si ce n’est celle d’un sous-bois.

2. EN SOLO… OU EN GROUPE

"Cette pratique n’attire pas de bestioles indésirables si l’on ne met pas n’importe quoi dans son bac. Et surtout, elle peut contribuer à la convivialité d’un quartier", assure Bastien Copetti, "compostier" à l’association lyonnaise du même nom. Petit mode d’emploi du compostage urbain.

3. POUR UN PETIT ESPACE EXTÉRIEUR

  • Le fût à compost
  • Vous avez un jardinet, une cour ou une terrasse ? Un petit "fût à compost" (de 200 à 400 litres selon vos besoins) sera parfait. La dégradation s’effectue ainsi en six à dix mois, en présence d’oxygène, sous l’action des bactéries, champignons et cloportes. Choisissez un bac en matière plastique bien aéré, de préférence recyclée et souple ne risquant pas de casser en cas de gel. Et préférez un récipient de forme simple (cône tronqué), avec une trappe de récupération. Ainsi, pas besoin de le retourner.
  • Le secret de la réussite
  • L’équilibre entre matières azotées molles et humides, "vertes" (déchets de cuisine), et matières carbonées, dures et sèches (feuilles mortes, carton, sciure…).
  • Trop de vert ? Votre compost risque de fermenter et de sentir mauvais. Trop de brun ? La décomposition s’interrompra, faute d’humidité. Pensez à aérer régulièrement le mélange avec une tige métallique. De 40 à 100 € environ. Dans les jardineries, chez Truffaut et sur www.ecologie-shop.com
  • Je mets quoi dans mon bac ?
  • Ça oui !
  • Les épluchures, fruits et légumes en petits morceaux (sauf les agrumes et l’ail pour les vers).
  • Le marc de café et le thé même avec leur filtre.
  • Les coquilles d’œufs écrasées.
  • Des branches coupées ou broyées, feuilles mortes, copeaux de bois, fleurs fanées…
  • Du papier (non glacé) et des débris de carton en quantité modérée.
  • Ça non!
  • Le pain, les restes de viande ou de poisson, produits laitiers, graisses et huiles qui se dégradent moins vite et peuvent attirer les rats et autres indésirables.
  • Le charbon de bois, le sac de l’aspirateur…
  • Les couches de bébé et la litière du chat.
  • Les papiers usagés, du type essuie-tout, mouchoirs…

4. AU PIED DES IMMEUBLES

Le compostage collectif

Pas d’espace extérieur et pas tentée par la compagnie des vers? Pensez collectif! À l’initiative de groupes d’habitants, les bacs à compost s’implantent au pied des résidences ou dans les quartiers. Avec le soutien d’associations, comme Les Compostiers à Lyon, Compostri à Nantes ou Reflets à Toulouse, qui aident à la mise en place des projets, à la construction des bacs et apportent assistance technique et matérielle.

De plus en plus de villes se lancent, comme Rennes, pionnière en 2006, qui compte désormais près de 140 sites. Ces communes fournissent gratuitement le matériel (bacs, bio-seaux pour les foyers…) ou le financent en partie.

Certaines adoptent des mesures fiscales inci­tatives et assurent la formation des habitants par des professionnels. Même Paris s’y est mis, avec l’agence de développement en écologie urbaine, Urban Eco, qui assure aussi la formation de "maîtres-composteurs". Pourquoi pas chez vous? Renseignez-vous auprès de votre mairie!

Le secret de la réussite

Disposer d’un espace vert ou d’une cour commune et réunir un nombre suffisant de volontaires. Puis, il faut obtenir l’accord de la copropriété. La médiation des associations ou des agents de la ville peut alors aider à balayer les réticences… Des référents sont ensuite désignés pour surveiller le compost et assurer sa bonne santé. Au-delà de l’intérêt économique et écologique, cet espace d’échanges entre voisins favorise les liens sociaux. Et peut même donner lieu à de sympathiques apéro-composts!

 

5. IDÉAL EN APPARTEMENT LE LOMBRICOMPOSTEUR

  • Ces boîtes à étages en plastique hébergent d’étonnants animaux de compagnie : des petits vers rouges. Une fois installées sur une litière, ces petites bêtes sont capables de manger la moitié de leur poids en déchets verts et de le transformer en un engrais en or, le "vermicompost". Les systèmes du commerce sont en plus équipés d’un robinet permettant de recueillir un "thé" très riche dont raffolent les plantes.
  • Beurk? Pas du tout ! C’est propre et sans odeur, à condition de n’y mettre que des petits morceaux et d’éviter l’excès d’humidité. La solution? Ajouter des matières carbonées: des débris de boîtes à œufs ou un peu de sciure. Il paraît qu’on s’y attache vite…
  • De 50 à 120€, vermicomposteur, vers, litières, accessoires et conseils sur www.verslaterre.fr(fabrication française), www.nature-ecologie.fr etwww.terrenative.com (modèles en bois).
  • Le secret de la réussite
  • Ces gourmands craignent le froid et la chaleur qui leur sont fatals. La bonne température? Entre 10 et 25°C. Logés dans la cave, ils seront d’ailleurs comme des… asticots en pâte, si vous préférez les éloigner de la cuisine ! Leur régime préféré? 100% végétarien. On peut leur proposer quelques coquilles d’œufs, mais pas d’agrumes ni d’ail, ou trop d’épluchures de pommes de terre: les vers pourraient mourir d’indigestion.

6. EN PRATIQUE

www.reseaucompost.org
Le réseau Compost citoyen regroupe les associations et structures qui militent pour le compostage de proximité.
www.lescompostiers.org
Association Les Compostiers, 1, rue Chalopin, 69007 Lyon. Tél. : (00 33) 7 60 04 13 77.
www.compostri.ouvaton.org
Association Compostri, 19, rue Marc-Sangnier, 44200 Nantes.
Le petit livre des vers
Comment faire son compost en ville sans tracas et fabriquer son lombricomposteur.
"Compost en ville, lombricompostage et petits jardins", Florence et Cécile Couraud, éd. La Plage, 15 €.

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