LA MAIRIE DE PARIS AU SECOURS DE L’HÉBERGEMENT D’URGENCE
L’hébergement d’urgence traverse une crise depuis que l’Etat a procédé fin mai à des coupes dans le budget du Samu Social poussant son président fondateur Xavier Emmanuelli à démissionner en signe de protestation. Les crédits dévolus à l'association ont été ramenés de 110 millions d'euros en 2010 à 90 millions cette année, cela signifie 5 000 nuitées en hôtels en moins en Ile-de-France chaque jour, dont 3 500 à Paris. Pour pallier ce manque et alors que des familles à la rue s’orientent vers les services d’urgence des hôpitaux faute de place pour elles en hébergement d’urgence, la mairie de Paris a décidé d’octroyer une « subvention exceptionnelle » au Samu social. Le coût serait de 500 000 € selon Libération.
« Le logement d’abord »
« La situation des sans-abri à Paris et en Ile-de-France est aujourd'hui insupportable. L'Etat, qui a l'obligation légale d'accueillir inconditionnellement toute personne sans solution d'hébergement, s'est rendu responsable de cette crise en réduisant considérablement le budget du Samu Social », accuse le maire de Paris Bertrand Delanoë dans un communiqué. « Ce dispositif s'étendra sur deux mois, le temps que la solution pérenne annoncée par (le secrétaire d'Etat au Logement Benoist) Apparu soit effectivement mise en œuvre et nous serons très vigilants sur le respect de cet engagement », ajoute le socialiste. Les coupes budgétaires s’inscrivent dans une logique de « housing first » (le logement d’abord) du gouvernement qui entend reloger sur le long terme les personnes à la rue.
Volonté politique
« Avant de fermer des places d’hébergement d’urgence, il faut commencer par trouver des solutions de logement durables. Cela peut passer par de la rénovation ou de la construction. Le logement doit être une priorité. Il faut qu’il y ait une vraie volonté politique de s’occuper de ce sujet », nous expliquait la semaine dernière Sylvaine Villeneuve, responsable de la communication de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS). Cet organisme a réalisé pour La Croix une étude exclusive dans laquelle il apparaît que 65% des demandes de mise à l'abri faites le jour même par des populations vivant dans la rue, n'ont pas trouvé de solution en France hors Paris, essentiellement par manque de place.
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