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Articles avec #environnement tag

Séismes en Californie et au Chili : le "Big One" est-il pour demain ?

Publié le par M.Hermassi

La terre a tremblé plusieurs fois à Los Angeles, quelques jours avant le séisme qui a tué 6 personnes au Chili mardi 1er avril.

Séismes en Californie et au Chili : le "Big One" est-il pour demain ?

Un tremblement de terre d’une magnitude 8,2 sur l’échelle de Richter a frappé, mardi 1er avril, la côte du Chili, au large de la ville d’Iquique, provoquant la mort de 6 personnes et un tsunami de deux mètres de hauteur. Une réplique de magnitude 7.6 a suivi le lendemain sans faire de dégats. Mais ce n’est pas la première secousse ressentie sur la côte pacifique ces dernières semaines. Vendredi 29 mars, un séisme d’intensité 5,3 a touché la ville de Los Angeles, le troisième de suite en Californie après les 17 et 22 mars. De quoi faire renaître les inquiétudes sur le "Big One", ce super-tremblement de terre qui pourrait raser la cité des Anges, que les sismologues promettent dans les 30 ans à venir ?

Non, les séismes au Chili et en Californie n’ont rien à voir

S’ils sont très rapprochés dans le temps, il n’y a aucun lien de cause à effet entre ce qui s'est passé à Los Angeles, le 29 mars, et à Iquique au Chili, mercredi. Contacté par francetv info, Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris, explique que les séismes se sont produits dans "deux zones distinctes". Les plaques tectoniques, qui se rencontrent et provoquent les séismes, ne sont pas les mêmes au Chili et en Californie, comme le montre ce schéma. En outre, "la zone du séisme [au Chili] est trop distante de la Californie : il n’y a pas de possibilité d’interaction entre les deux". A vol d’oiseau, plus de 5 500 km séparent les épicentres des séismes d’Iquique et de Los Angeles.

En revanche, des dizaines de séismes d’une intensité parfois importante se sont succédé au large du Chili ces dernières semaines, contribuant à fragiliser la faille sur laquelle s’est produit ce dernier. Raison pour laquelle, selon Pascal Bertrand, "tous les sismologues qui travaillent dans la région ont un œil dessus".

 Non, il y a régulièrement des secousses de cette intensité en Californie

4,9 sur l’échelle de Richter le 21 mars, 5,3 quelques jours plus tard : les séismes qui ont frappé la Californie étaient assez forts pour être ressentis par la population et pour causer des dégâts mineurs (un séisme est ressenti à partir d’une magnitude de 3,0). Mais des secousses de ce genre n’ont "rien d’anormal", assure Pascal Bertrand. En Californie, il s’en produit "régulièrement", à intervalles "de quelques années" seulement. Loin du fameux "Big One" dont les scientifiques pensent qu'il se reproduirait une fois tous les cent ans environ.

Non, le Big One peut arriver sans prévenir...

On parle de "Big One" "à partir du moment où, dans une zone, on a pu identifier à quelques dizaines d’années près le moment où la zone craquera", rappelle Pascal Bertrand. Par définition, on sait donc qu’un tremblement de terre dévastateur a de grandes chances, "environ deux chances sur trois", de se produire sur la faille sur laquelle est bâtie Los Angeles dans les 20 à 30 prochaines années. Mais pour les sismologues, il pourrait aussi bien "être précédé de dizaines de secousses moyennes"qu’arriver "sans prévenir".

... mais la probabilité augmente après un séisme important

 

Pour Pascal Bertrand, la roche au niveau des failles sismiques est comme "un élastique qui se tend au fur et à mesure". Il finira de toute façon par craquer, ce sera alors le "Big One". Mais une grosse secousse peut "fragiliser cet élastique, faire qu’il cassera plus facilement". Le sismologue ne pense pas au séisme de Los Angeles mais à celui du Chili. "Ce qui s’est passé [mardi] est une pichenette qui a accentué les mouvements"dans cette zone. "La probabilité qu’une grosse secousse se produise dans les semaines qui viennent au Chili est plus importante", estime-t-il, sans pour autant se risquer à un pronostic. En somme, si Los Angeles n'est pas plus en sursis que d'habitude, c'est vers le Chili que pourraient se tourner les regards de ceux qui attendent le "Big One".

Francetv info

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Après nous, le déluge... La carte qui montre l'ampleur des dévastations si toute la glace de la planète fondait

Publié le par M.Hermassi

La température moyenne de la plannète augmentera de 4,6 degrés si l'émission des gazs à effet de serre ne baisse pas.

Atlantico.fr

L'avenir de notre planète, à défaut d'être vert, n'est pas non plus très rose. La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint un nouveau record en 2012, la température moyenne augmentera de 4,6 degrés si leurs émissions ne baissent pas, prévient le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), et les différents scénarios envisagés pour 2100 ne sont guère optimistes. 

Alors quitte à ce que le réchauffement climatique continue d'être ignoré, autant imaginer le pire. Le magazine National Geographic, célèbre pour mettre en avant les plus belles photos illustrant la nature, vient de publier des cartes interactives des régions du globe en partant d'un postulat : toute la glace présente sur les terres a fondu, augmentant le niveau des mers de 66 mètres.

Selon les prévisions du GIEC, le niveau des mers montera de 26 cm à 82 cm d’ici la fin du siècle. "Il y a plus de 5 millions de miles cubes de glace sur Terre, et certains scientifiques affirment qu'il faudra plus de 5 000 ans pour la faire fondre entièrement", écrit National Geographic. "Si nous continuons à ajouter du carbone dans l'atmosphère, nous allons très certainement crée une planète sans glace, avec une température moyenne de 26,6 °C contre 14,4 °C actuellement".

Le résultat de la projection est étonnant [voir les cartes reproduites ci-dessous] : cette nouvelle donne redessine complètement les continents, les côtes, les pays.

Si le Portugal, l'Espagne, la Turquie, la Grèce, les Balkans et la Norvège sont plutôt épargnés, ce n'est pas le cas du Danemark et des Pays-Bas, qui ont complètement disparus. Marseille, Bordeaux et Rennes sont sous l'eau, tout comme Londres, Hambourg et Venise. Côté russe, la mer Caspienne a presque doublé de volume. 

L'Amérique du nord n'est pas mieux lotie. Aux Etats-Unis, c'est globalement toute la façade Est qui disparaît. La Floride, comme tout le pourtour du Golfe du Mexique, sont engloutis. A part quelques parcelles de terres proches du Groenland, le Canada est relativement peu impacté. L'Amérique centrale dit quant à elle adieu à la moitié de ses terres émergées. 

 

De l'autre côté du Pacifique, en Asie du sud-est, la situation est tout aussi critique. L'Inde et la Chine abandonne d'importantes zones autrefois terrestres, l'Indonésie est à moitié recouverte par les eaux, le Bangladesh devient la nouvelle Atlantide. En Chine, près de 600 000 millions de personnes habitent actuellement les zones menacées.

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L'homme, une espèce prédatrice sous-estimée

Publié le par M.Hermassi

Une scène du film documentaire français d'Emmanuel Gras, Bovines ou la vraie vie des vaches

Cinq ans d'observation, 43 caméras de vidéosurveillance et des centaines de milliers de photos pour arriver à une conclusion : l'être humain est l'espèce qui a le plus d'influence sur le fonctionnement des milieux naturels. A première vue, la découverte n'en est pas une. Mais les résultats de l'étude réalisée par l'université de Calgary (Canada) et publiée le 8 mai dans la revue PLOs One  remettent en question la grille d'analyse traditionnelle des écosystèmes. Selon le groupe de chercheurs canadiens, pendant des années, le facteur humain a été sous-estimé.

 Pour comprendre comment les différentes espèces présentes dans un écosystème se régulent, les biologistes ont longtemps eut le choix entre deux approches. Soit ils s'intéressaient au sommet de la chaîne alimentaire, c'est-à-dire à l'impact des grands prédateurs sur l'ensemble des autres espèces. Soit ils regardaient à la base de la pyramide, en mesurant l'influence de la quantité de végétaux disponibles. L'ensemble formait ce qu'on appelle « l'équilibre prédateur-proie ». A coup de publications scientifiques, les débats ont fait rage pour savoirlequel de ces deux mécanismes, descendant ou ascendant, avait le plus de poids.

LES HERBIVORES AUGMENTENT, LES COMPORTEMENTS CHANGENT

"Ni l'un, ni autre", tranche Marco Musiani, qui a dirigé l'étude canadienne. "C'est l'homme qui en influençant chacun de ces mécanismes a le plus fort impact."Pour le prouver,  son équipe de l'université de Calgary a surveillé pendant cinq ans l'activité des loups, des élans, des moutons et des êtres humains présents sur un territoire de 9 000 km2 au sud de l'Alberta. "L'objectif était de mesurer l'influence humaine pas seulement sur une espèce mais sur l'ensemble de la chaîne alimentaire", explique M. Musiani. Les biologistes ont donc choisi de surveiller, à l'aide de GPS, de satellites et de caméras, les effectifs et les déplacements des prédateurs et de leurs proies.

Dans la zone d'étude choisie, qui présente une densité de population à peu près équivalente à celle des campagnes françaises, les chercheurs ont remarqué une double influence humaine. D'une part, la production de fourrage liée à l'agriculture et à l'élevage augmente les ressources alimentaires des herbivores. D'autre part, en journée, la simple présence de l'homme écarte les prédateurs.  Résultat : Le nombre d'herbivores augmente.

Mais l'homme ne modifie pas seulement la répartition des espèces, il bouleverse aussi leurs comportements.  En observant les élans de l'Alberta, les chercheurs ont constaté que ceux-ci passent plus de temps la tête levée àsurveiller leur environnement, que le museau au sol pour se nourrir, " la présence humaine a donc un impact sur leur nutrition et sans doute, par ricochet, sur leur santé", explique M. Musiani.

"L'ÉCOLOGIE ÉTAIT UN PEU COMME L'ASTROLOGIE"

 Or, ce paramètre a longtemps été négligé.  "L'écologie en tant que science était un peu comme l'astrologie : très éloignée des êtres humains", s'amuse M. Musiani et "encore aujourd'hui, les processus sont souvent étudiés comme si la nature était sous cloche", regrette-t-il. Un  constat que nuance Florent Mouillot, chargé de recherches au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE), le principal laboratoire français de recherche en écologie, "depuis une vingtaine d'années, le facteur humain est  intégré dans la plupart des études écologiques", précise-t-il.  Spécialiste des incendies, le chercheur a par exemple établi que les paramètres humains sont dix fois plus influents que ceux liés au climat pour expliquer leur déclenchement. « On a alors constaté que la  première grille de lecture – plus il fait chaud, plus il fait sec et plus on a d'incendies – n'était plus pertinente", affirme-t-il.

Cependant, M. Mouillot  reconnaît que la démarche reste limitée. "Quant il s'agit demesurer cet impact sur la distribution des espèces animales, des verrous scientifiques subsistent", admet-il. "La pression que l'homme exerce sur un environnement relève plus de la politique que de l'instinct, avance le chercheur, ce qui, du point de vue des biologistes, rend ce paramètre très compliqué à étudier et peut expliquer qu'il soit laissé de côté."

Pourtant, peu de milieux naturels échappent à la présence humaine. "A part au beau milieu du Sahara ou de la forêt amazonienne, l'homme est partout", souligne M. Musiani. Et si les espaces protégés existent, les sanctuaires sont rares. En France, les parcs nationaux attirent à eux seuls près de 8,5 millions de visiteurs chaque année. Ainsi pour Marco Musiani  "qu'on le veuille ou non, l'homme est un facteur que les sciences de l'environnement ne peuvent plus laisser de côté".

Amélie Mongey

LeMonde.fr

 

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Gaz de schiste : un engouement mondial, mais beaucoup de doutes

Publié le par M.Hermassi

Un forage de gaz de schiste en Pennsylvanie, en avril 2012.

 

Va-t-on vers un âge d'or du gaz de schiste ? La question est ouverte, alors que le boom des hydrocarbures non conventionnels en Amérique du Nord bouscule la donne énergétique planétaire en affaiblissant la domination des producteurs traditionnels, comme le Moyen-Orient ou la Russie.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit ainsi que d'ici à 2035, le gaz non conventionnel (dont le gaz de schiste) fournira près de 30% de la production gazière mondiale, contre 16% en 2011. Pourtant, si de nombreux pays procèdent à des prospections et des évaluations de leurs réserves, seuls les Etats-Unis se sont aujourd'hui engouffrés dans une exploitation à grande échelle de cette ressource tant prometteuse que décriée.

S'il pourrait permettre d'accéder au Graal de l'indépendance énergétique – tout en créant des milliers d'emplois – le gaz de schiste est vertement critiqué pour ses conséquences néfastes pour l'environnement. Parmi les très nombreuses études produites à son sujet, un rapport de la Commission européenne évoquait en juin une empreinte écologique supérieure à celle du gaz conventionnel, et pointait les risques de contamination des sols et eaux souterraines liés à son exploitation, qui nécessite l'utilisation de milliers de produits chimiques et d'immenses quantités d'eau.

 

Carte des gisements de gaz de schiste dans le monde, dont les réserves ont été évaluées (en rouge) ou non estimées (en jaune) par l'Agence d'information sur l'énergie américaine.

 

  • Amérique du Nord

Lancée il y a plusieurs décennies, l'exploitation des gaz de schiste a explosé auxEtats-Unis au milieu des années 2000. Le pays renfermerait en effet les deuxièmes plus grosses ressources de la planète, à savoir 25 000 milliards de mètres cubes techniquement extractibles, selon les estimations de l'Agence d'information sur l'énergie américaine (EIA).

La production est alors passée de 20 milliards de m3 en 2005 à 220 milliards en 2011, avec plus de 200 000 puits en fonctionnement. Au point qu'en 2011, les gaz de schiste représentaient 34% de la production de gaz américaine, selon l'AIE. Résultat de cette stratégie, largement soutenue par la Maison Blanche : les Etats-Unis deviendront le premier producteur de gaz au monde en 2015, devant la Russie.

 Lire : Les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole d'ici cinq ans

 Principaux gisements de gaz non conventionnel aux Etats-Unis, actuels (en jaune foncé) et potentiels (jaune clair).

La hausse va-t-elle se poursuivre ? Sur cette question, les projections diffèrent. Selon le scénario haut de l'AIE, dans son rapport Golden Rules for a Golden Age of Gas, la proportion de schiste dans la production de gaz pourrait grimper à 45 % en 2035. Mais dans le cas d'une opposition plus forte des Etats (comme le Vermont, qui a interdit en mai la fracturation hydraulique) et de régulations plus strictes, un scénario bas prévoit une production qui croît jusqu'en 2017, avant derevenir aux niveaux de 2010.

"La croissance de la production est déjà moins forte en 2012 que lors des cinq dernières années. Cette tendance au ralentissement pourrait se poursuivre si le prix du gaz reste très bas, ce qui incite les entreprises à forer en priorité dupétrole", explique Anne-Sophie Corbeau, responsable des marchés gaziers à l'AIE. Côté américain, l'EIA table sur une augmentation régulière de la production de gaz de schiste, avec un gain de 100 milliards de m3 entre 2011 et 2021.

 Forage de gaz de schiste à Fort Worth, au Texas, en décembre 2008.

 

A l'opposé de son voisin américain, l'exploitation des gaz de schiste au Canadaest encore embryonnaire, avec 2 milliards de m3 l'an dernier. S'il n'y a pas de régulation fédérale sur leur exploitation, ces hydrocarbures font l'objet d'une forte défiance de la population, spécialement au Québec, où des fuites ont été découvertes dans 11 des 31 puits de la région l'an dernier. La demande en gaz y est par ailleurs plus faible qu'aux Etats-Unis.

Plus au sud, le Mexique possèderait les 4es plus vastes ressources au monde, après la Chine, les Etats-Unis et l'Argentine, avec 19 000 milliards de m3récupérables, selon l'EIA. Jusqu'à présent non exploité pour des raisons économiques, ce gaz intéresse aujourd'hui le gouvernement, qui veut relancer sa production d'hydrocarbures. Le Plan national de l'énergie 2012-2026 du ministère de l'énergie prévoit ainsi une production de 34 milliards de m3 de gaz de schiste en 2026, soit 40 % de la production totale de gaz. Quelque 60 000 puits pourraient être forés dans les cinquante prochaines années, essentiellement par la compagnie pétrolière nationale Pemex.

 

  • Europe

Aucune politique commune n'existe dans le Vieux-Continent sur la question du gaz de schiste, le Parlement européen ayant seulement refusé de l'interdire. "L'Union européenne pourrait être intéressée par l'exploitation du schiste pour s'affranchirdu gaz russe, dont elle dépend à 40% pour ses importations. Mais il n'existe aucune certitude quant aux réserves disponibles, dans la mesure où seuls les nouveaux forages peuvent permettre d'estimer les gisements", prévient Bastien Alex, chercheur sur l'énergie à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Or, les inquiétudes de la population concernant l'impact environnemental bloquent l'essentiel de l'exploration.

 Principaux bassins de gaz de schiste (jaune) et de gaz de houille (vert) en Europe.

 

Ainsi, la France, qui disposerait des plus importantes réserves du continent avec 5 100 milliards de m3 exploitables, a voté une loi, le 13 juillet 2011, interdisant la principale technique d'extraction, la fracturation hydraulique, et gelé les permis d'exploitation pendant cinq ans, sous la pression de l'opinion publique.

Néanmoins, le gouvernement n'a pas fermé la porte à la recherche sur des techniques alternatives. "La recherche est possible sur d'autres techniques que celle de la fracturation hydraulique. Pour l'instant, cette recherche n'a pas abouti, je ne peux pas l'interdire, elle n'est pas interdite pas la loi", avait déclaré le président de la République à la mi-novembre.

Lire : Hollande relance le débat sur les gaz de schiste en France

Au contraire, la Pologne, le pays européen le plus pro-gaz de schiste, dopé par des premières estimations mirobolantes de l'EIA (qui parlait initialement de gisements de 5 300 milliards de m3) a déjà effectué une trentaine de forages exploratoires sur trois sites.

Son ardeur a toutefois été récemment refroidie : les réserves ont été revues à la baisse en mars 2012, divisées par un facteur dix par l'Institut national de géologie, et le géant ExxonMobil s'est retiré du pays, déclarant les gisements explorés inexploitables – même si la décision pourrait aussi s'expliquer par ses intérêts concurrents en Russie. Le gouvernement de Varsovie maintient néanmoins son projet d'une exploitation commerciale en 2014, afin de s'affranchir des ressources gazières de son voisin russe, sur lesquelles il s'appuie à hauteur de 60%. 

 

Puits de forage de gaz de schiste, à Grzebowilk, à l'est de la Pologne, en avril 2011.

La Grande-Bretagne, dont 40 % de l'électricité vient du gaz, a aussi décidé dereprendre, le 14 décembre, la fracturation hydraulique, un an et demi après deux séismes qui avaient inquiété les Britanniques. Les promesses de ressources de gaz de schiste avancées par la firme britannique Cuadrilla Resources (3 000 milliards de m3) sont pour le pays un gage d'indépendance énergétique accrue."Même si nous ne parvenions à en exploiter que 10 %, cela suffirait à fournir le quart de la demande britannique pendant trente ans", a fait miroiter Francis Egan, son directeur. Mais rien ne dit à ce jour que les réserves se concrétiseront.

Lire : La Grande-Bretagne autorise l'exploration de gaz de schiste

Ailleurs en Europe, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie abriteraient à elles trois environ autant de gisements que la Pologne (540 milliards de m3). Budapest, favorable au schiste, a accordé de nombreux permis d'exploration depuis 2009 tandis que Bucarest a levé, en mars 2013, afin de s'émanciper du gaz russe, le moratoire instauré l'année d'avant. Seule Sofia a interdit en janvier 2012 l'utilisation de la fracturation hydraulique, après des protestations de la population. 

En Allemagne, certaines régions ont imposé un moratoire sur la fracturation hydraulique. Toutefois, l'Etat a accordé des concessions à des groupes énergétiques, dont Exxon Mobil, pour des forages exploratoires. En février, le gouvernement a proposé un projet de loi de régulation du gaz de schiste, autorisant la fracturation hydraulique, sauf dans certaines zones protégées et à proximité des puits à eau. Le texte n'a toutefois pas encore été voté par le Parlement et le calendrier est toujours incertain.

  • Asie

C'est la grosse inconnue qui existe aujourd'hui sur le marché international du gaz : quelles sont les véritables réserves en gaz de schiste de la Chine ? L'EIA les a estimées à 36 000 milliards de m3, soit les plus vastes au monde, tandis que le ministère de la terre et des ressources chinois parle de 25 000 milliards.

A cette incertitude sur les chiffres s'ajoutent des difficultés techniques : les ressources chinoises sont situées très en profondeur, dans des zones soit arides – alors que la fracturation hydraulique nécessite d'immenses quantités d'eau – soit très peuplées. La Chine manque par ailleurs d'infrastructures, telles que des gazoducs, pour relier les gisements essentiellement situés dans le nord du pays aux principaux marchés, sur la côte. Enfin, à l'instar des carburants, le contrôle public des prix du gaz risque de nuire à la rentabilité des projets des industriels sur place.

 La Chine manque d'infrastructures pour transporter son gaz de schiste.

 

"Il est encore impossible d'estimer la production chinoise d'ici à vingt ans. Il s'agit d'une incertitude géopolitique énorme pour les grands pays exportateurs de gaz", assure Anne-Sophie Corbeau. L'AIE a ainsi réalisé deux scénarios très différents de production de gaz non conventionnels d'ici à 2035, l'un à 115 milliards de m3 et l'autre à 390 milliards (dont 56 % de gaz de schiste). Pékin, lui, s'est fixé pour objectif, en mars dernier, d'extraire 6,5 milliards de m3 par an d'ici à 2015 avant d'atteindre entre 60 et 100 milliards en 2020.

Aujourd'hui, avec 50 millions de m3 en 2012 et seulement 60 puits, la production est balbutiante, l'Empire du milieu commençant seulement à s'intéresser à cette ressource encore très chère par rapport au charbon. Deux appel d'offres ont été organisés : le premier, lancé en 2011, a donné lieu à des licences d'exploitation pour les trois compagnies pétrolières nationales, CNPC, Sinopec et CNOOC tandis que le second, achevé en janvier, était octroyé à des entreprises chinoises de moindre ampleur. Si les compagnies étrangères ne se sont pas vues attribuerde lots, Shell a toutefois signé un partenariat avec CNPC tandis que Total s'est allié avec Sinopec.

  • Afrique

L'Afrique du Nord possède également des réserves importantes de gaz de schiste sous le Sahara. L'Algérie cherche notamment à exploiter cette ressource, qui représenterait quatre fois ses réserves conventionnelles (6 500 milliards de m3). L'entreprise publique Sonatrach est leader sur ce marché, mais une nouvelle loi sur les hydrocarbures a allégé la fiscalité afin d'attirer davantage les entreprises étrangères. Un accord aurait été signé dans ce sens avec la France, le 20 décembre, permettant des recherches françaises sur le territoire algérien. Shell serait par ailleurs en négociation avec les autorités algériennes et tunisiennes en vue d'exploiter ces gisements. Mais les ONG s'inquiètent de la pression hydraulique pour un pays qui couvre juste ses besoins en eau potable. La Libyevoisine (dont les gisements s'élèveraient à 8 000 milliards) envisagerait aussi des explorations.

 

 L'Algérie cherche à exploiter ses gisements de gaz de schiste.

Le pays compte produire la moitié de son électricité grâce à ces gaz, dont les réserves sont estimées à 14 000 milliards de m3 dans le désert du Karoo, à l'ouest du pays. 

  • Amérique du Sud

Avec 22 000 milliards de m3 de gaz de schiste stockés dans son sous-sol, l'Argentine s'avère être le 3pays mondial en termes de réserves exploitables, juste après la Chine et les Etats-Unis, selon l'EIA. YPF, la compagnie pétrolière contrôlée par l'Etat, serait en discussion avec la norvégienne Statoil et l'américaine Chevron pour exploiter ces gisements. Total a aussi acquis quatre licences d'exploration.

  • Océanie

L'Australie a une production en hausse de l'un des gaz non conventionnels, àsavoir le gaz de houille (6 milliards de m3 en 2011). L'industrie du gaz de schiste, elle, débute tout juste : la première production et commercialisation de cet hydrocarbure a été effectuée l'été dernier par la compagnie nationale Santos. Les entreprises étrangères sont aussi sur le pont : Total a annoncé en novembre avoirsigné un accord avec la société Central Petroleum pour l'exploration des réserves, estimées à 11 000 milliards de m3.

Audrey Garric


 

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L'eau de pluie? Récupérez-la!

Publié le par M.Hermassi

 Citernes servant à la récupération d'eau de pluie

RECYCLAGE - La récupération d'eau de pluie est un système économique et écologique de plus en plus répandu. Petite piqûre de rappel sur ses bienfaits et son fonctionnement...

En France, un citoyen consomme chaque jour plus de 100 litres d’eau potable. Est-ce bien nécessaire ? Aujourd’hui, de nouvelles solutions sont à notre disposition pour ralentir la surexploitation des nappes phréatiques et baisser la consommation d’énergie liée au traitement de l’eau. Nous pouvons en effetrécupérer l’eau de pluie : une eau douce, de qualité supérieure à celle des nappes phréatiques. Elle est ainsi non calcaire et permet une utilisation plus longue des canalisations du fait de l’absence de tartre.

D’autre part, la récupération d’eau de pluie, qu’elle soit réalisée par des particuliers, des agriculteurs, des industriels, des hôtels ou même des collectivités locales est un gain d’argent. On se passe ainsi d’eau potable -du robinet- pour l’entretien des toilettes, le lave-linge, le nettoyage de la voiture,l’arrosage du jardin ou encore celui du terrain de football municipal.

Et en plus, récupérer l’eau de pluie nous permet de rester autonomes en cas de restriction ou de sécheresse . Futé !

Après la théorie : la pratique. Comment peut-on récupérer l’eau, chez soi ?  Rien de plus simple, il suffit d’avoir un contenant : du sceau à la cuve de 3000 litres, même s’il est plus facile de l’installer dans un jardin que sur une terrasse. Désormais, de nombreux récupérateurs d’eau sont présents sur le marché : de toutes tailles, toutes formes et couleurs, pour s’adapter à votre espace. Les prix seront fonction de la taille de votre cuve, de 40 euros à plus de 5000 euros. Ses équipements se trouvent chez Castorama, Truffaut et même dans les supermarchés comme Carrefour.

En France, des incitations fiscales ont été mises en place en 2007 pour l’achat d’un système de récupération d’eau de pluie pour usage externe, avec entre autres une TVA à 5,5% sur les équipements. Depuis, certaines collectivités locales encouragent ces installations avec des subventions jusqu’à 700 euros en Lorraine.

Mais au-delà de l’aspect esthétique, choisissez un contenant en fonction de votre usage, de votre consommation et des précipitations de votre région.

L’installation est très simple : il suffit de connecter votre récupérateur à une évacuation de gouttière. Vous pourrez alors récupérer jusqu’à 600 litres d’eau au m² de votre toiture pour les régions les plus pluvieuses ; ce qui équivaut à 70 m³ par an. Qu’elle soit aérienne ou enterrée, votre cuve sera équipée d’un filtre pour retirer toutes les impuretés qui tombent du toit. Et même si les cuves sous-terraines permettent une plus grande capacité de stockage, préférez les récupérateurs externes qui ne nécessitent pas toujours de pompe, et ne consomment ainsi pas d’électricité.

20minutes.fr

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