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Votre téléphone portable, nouveau médecin de poche

Publié le par M.Hermassi

Intoxication, arrêt cardiaque Et si le smartphone sauvait des vies ? La preuve par l'exemple.

La fillette de 12 ans qui est amenée aux urgences de l'hôpital de Kfar Saba, situé à une vingtaine de kilomètres de Tel-Aviv (Israël), souffre d'une sévère intoxication alimentaire après avoir avalé les fruits d'une plante qui pousse dans son jardin. Le médecin de garde décrit par téléphone au toxicologue du centre antipoison la plante qu'il a sous les yeux. Le toxicologue croit reconnaître Thevetia peruviana, une plante toxique pour le cœur qui nécessite des mesures vigoureuses, notamment la prise d'anticorps spécifiques. Pour s'assurer de son diagnostic, le médecin décide, malgré l'urgence, de photographier la plante grâce à son téléphone portable pour l'envoyer à un botaniste. Dix minutes plus tard, le verdict tombe : il s'agit de Jatropha multifida, une plante beaucoup moins toxique pour laquelle un traitement vomitif puis une réhydratation suffisent.

L'histoire, racontée dans la revue Toxicology, conduit les médecins israéliens à proposer désormais de ne plus se contenter d'une description verbale mais d'envoyer plutôt des photos aux experts (botanistes, zoologistes, etc.) en cas d'intoxication, de morsure ou de piqûre. Un réflexe destiné à se répandre.

Twitter et les défibrillateurs 

Pourquoi en effet se priver d'une photo en bonne résolution ? Il y a quelques années, une équipe taïwanaise avait démontré la bonne concordance du diagnostic de plusieurs chirurgiens à qui on avait envoyé par téléphone mobile des photos de plaies infectées. Dans 83 % des cas, les chirurgiens avaient pu décider à distance de la bonne stratégie de prise en charge : simple traitement antibiotique ou nettoyage chirurgical de la plaie (débridement).

La semaine dernière, lors du congrès annuel de l'American Heart Association (AHA), des chercheurs de l'université de Pennsylvanie ont signalé le gisement que Twitter (réseau de communication instantané de courts messages comptant plus de 300 millions d'utilisateurs) pourrait représenter pour la santé publique. Plusieurs milliers des messages échangés portent en effet sur le thème de l'arrêt cardiaque. Dans leur étude, les chercheurs ont calculé que, parmi ces messages, un sur dix consistait à échanger des informations sur les lieux d'implantation des défibrillateurs, les recommandations ou les procédures d'intervention. Ils estiment que Twitter pourrait sauver des vies en signalant rapidement aux témoins d'un arrêt cardiaque où se trouve un défibrillateur à proximité.

Des chercheurs néerlandais ont conçu un système d'alerte pour que les services de secours avertis d'une attaque cardiaque puissent prévenir par SMS les personnes se trouvant à proximité du cas signalé, afin qu'elles puissent prodiguer le plus vite possible les gestes de survie (massage cardiaque, défibrillateur automatique) à la victime. Une version démultipliée du bon samaritain ! Pendant les 3 mois de l'étude, le système a été activé pour 52 victimes et, dans 18 cas, ce sont effectivement les personnes ainsi contactées qui ont pu débuter la réanimation avant l'arrivée des secours.

Plus étonnant encore, une équipe de l'Institut polytechnique de Worcester (États-Unis) dirigé par le Pr Ki Chon a pu démontrer la possibilité d'utiliser des téléphones mobiles dotés d'une application ad hoc pour analyser des paramètres biologiques aussi précis que la saturation en oxygène du sang, en plaçant simplement son doigt sur le capteur optique du téléphone.

Succès des applis coaching

Lors du tremblement de terre en Haïti, une expérience inédite a été réalisée par des chercheurs de l'institut Karolinska (Suède) et de l'université Columbia (États-Unis). Ils ont pu tracer jour après jour le déplacement de 2 millions de téléphones mobiles anonymes et le communiquer aux services de secours pour leur permettre d'ajuster au mieux les interventions. En France, le ministère des Affaires étrangères et européennes a mis en place depuis cet été un système d'urgence pour les Français qui voyagent à l'étranger : il suffit de s'inscrire sur le portail Ariane pour être alerté immédiatement en cas de crise dans le pays que l'on visite. Dès 2012, le système pourra même vous géolocaliser en cas de nécessité.

Si toutes ces utilisations ne sont pas encore popularisées, il en est qui ont déjà trouvé leur place dans la poche - et la vie - des utilisateurs : des programmes de coaching existent, que ce soit pour arrêter de fumer, penser à prendre sa pilule, suivre une chimiothérapie, bénéficier d'un soutien en cas de dépression, de sclérose en plaques, de diabète. Un programme a permis à 38 % des obèses engagés de perdre durablement au moins 5 % de leur poids initial, selon une étude présentée à l'AHA la semaine dernière. Deux fois mieux que pour les patients ayant reçu de la documentation.

LeFigaro.fr

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