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Urgences ophtalmologiques : les signes à connaître

Publié le par M.Hermassi

 

 

Urgences ophtalmologiques : les signes à connaîtreINFOGRAPHIE - Réagir vite est essentiel pour sauver la vision menacée.

«Certains symptômes doivent alerter car on les retrouve dans la plupart des urgences ophtalmologiques. C'est le cas d'une baisse brutale de la vision (plus facile à repérer quand on ferme d'abord un œil, puis l'autre) ou d'une amputation du champ visuel, d'une douleur oculaire, d'une vision qui apparaît soudain ondulée ou déformée, d'une vision double et/ou d'une rougeur. De même, tout traumatisme oculaire doit être considéré comme potentiellement grave, jusqu'à avis contraire d'un spécialiste. Dans toutes ces situations, il faut appeler immédiatement son ophtalmologiste et voir s'il peut nous recevoir dans de brefs délais. Dans le cas contraire - ou si c'est la nuit, le week-end ou un jour férié -, il faut appeler le centre 15 pour savoir quel est l'ophtalmologiste ou le centre hospitalier le plus proche assurant une permanence de soins et s'y rendre immédiatement. Il vaut mieux effectivement consulter pour “rien” que de passer à côté d'une vraie urgence», explique le Pr Paul Dighiero (ancien chef de service au CHU de Poitiers, installé à présent à Paris).

 

 

«Au CHU de Rouen où nous recevons une cinquantaine d'urgences oculaires par jour, plus de la moitié concerne un œil rouge et/ou douloureux, un quart une baisse brutale de la vision d'un œil et un autre quart, un accident domestique ou un traumatisme. Les signes d'appel les plus spectaculaires ne sont pas forcément les plus graves (et inversement): ainsi, une inflammation de la conjonctive (blanc de l'œil), qu'elle soit d'origine infectieuse ou allergique, peut s'avérer très gênante, alors qu'elle ne menace pas la vision future», note le Pr Marc Muraine (CHU Rouen).

Rare, le glaucome aigu

Les vraies urgences médicales retrouvées sont variées et peuvent concerner toutes les structures de l'œil. Les ulcérations et les abcès de cornée touchent avec prédilection les personnes ayant un problème de sécheresse oculaire, mais aussi les porteurs de lentilles qui ne suivent pas scrupuleusement les précautions d'usage: lavage des mains avant manipulation, durée de vie des lentilles, entretien, etc. «Trop de porteurs de lentilles pensent que ce dispositif est sans risque, mais des erreurs répétées peuvent conduire à la formation d'un abcès et nécessiter dans les pires des cas une greffe de cornée», met en garde le Pr Muraine. Une infection virale (par un herpès virus ou par le virus du zona) peut également toucher les structures antérieures de l'œil.

Beaucoup plus rare, le glaucome aigu (à ne pas confondre avec le glaucome chronique, qui lui est fréquent) est susceptible d'aboutir à la destruction du nerf optique en quelques heures seulement. «Il est lié au fait que le globe oculaire est une coque inextensible dans laquelle est secrété en permanence un liquide. Lorsque tout va bien, ce liquide est évacué par le biais d'un filtre (le trabéculum), de sorte qu'il se crée un équilibre entre sécrétion et évacuation. Mais au moindre obstacle à l'écoulement - favorisé par une forme de l'œil particulière, avec un gros cristallin -, la pression dans l'œil augmente et les fibres du nerf optique en souffrent. De violentes douleurs, un œil rouge et des troubles de la vision d'installation brutale donnent heureusement l'alerte. Il n'y a alors pas de temps à perdre», précise le Dr Esther Blumen-Ohana, praticien hospitalier au centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts à Paris.

Déchirure rétinienne

Toujours dans le registre des urgences médicales, la rétine peut également être victime de différents accidents aigus: l'occlusion de son artère ou de sa veine centrale, sources de baisse visuelle. Ou encore, le décollement de la rétine, souvent consécutif à une déchirure rétinienne laissant passer du liquide sous la rétine et qui entraîne volontiers la perception de points bleutés, lumineux et fixes, voire d'éclairs lumineux (10.000 Français touchés par an). «Être âgé de plus de 60 ans expose encore à la maladie de Horton (1 personne touchée sur 1000 entre 60 et 69 ans): il s'agit d'une inflammation de la paroi des artères, y compris celle irriguant la rétine et provoquant la brutale cécité d'un œil», explique le Dr Laurent Benzacken (CHU Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois).

Enfin, le fait d'avoir certaines pathologies - dégénérescence maculaire liée à l'âge, diabète ouhypertension artérielle à l'origine d'une rétinopathie, etc. - augmente les risques de survenue de complications, par exemple la formation de néovaisseaux qui peuvent soudain saigner devant la rétine, au risque de provoquer une baisse brutale de la vision. «Mais dans ces situations, les personnes ont généralement été informées de cette éventualité et savent qu'elles doivent appeler d'urgence leur ophtalmologiste», poursuit le Dr Blumen-Ohana.

Les chances de sauver la vision sont d'autant plus grandes que la prise en charge a été rapide. Et parfois, cela va bien au-delà du seul problème ophtalmologique: en effet, l'occlusion d'une artère centrale de la rétine peut annoncer qu'un caillot voyage dans les artères, avec le risque qu'il vienne boucher une artère du cerveau.

 

LeFigaro.fr



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