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Une fantastique réserve d’eau douce se cacherait sous le sous-sol marin

Publié le par M.Hermassi

Quelque 500 000 km3 d'eau se cacheraient sous le sous-sol marin côtier

Des chercheurs australiens estiment que dans de nombreuses régions du monde, sous le plancher océanique côtier, se cacheraient de vastes nappes d’eau presque douce, dont l’exploitation permettrait de soulager un peu les nappes phréatiques terrestres, sur-sollicitées. Près d’un demi-million de kilomètres cubes : tel serait le gigantesque volume d’eau douce disponible sous la mer, selon les estimations de scientifiques de l’Université Flinders (Adélaïde, Australie) dirigés par l’hydrogéologue Vincent Post. L’existence d’une telle manne était envisagée depuis longtemps. Mais on n'avait pas encore réussi à confirmer sa présence. Les scientifiques australiens ont donc compilé des résultats scientifiques et des données issues de forages pétroliers. Ils ont calculé que le sous-sol marin cacherait au total 500.000 kilomètres cubes, soit près de trois fois les eaux douces de surface. Toutefois, il ne s'agit pas d'eau pure et limpide comme on serait tenté de l'imaginer. Stockée sous forme de nappes logées sous le sol des océans, non loin des rivages, cette eau serait plutôt saumâtre mais bien moins salées que celle des océans. D'après les chercheurs, elle pourrait ainsi être extraite et dessalée pour alimenter les villes côtières de nombreuses régions du monde. Une réserve issue de la pluie Ce sont essentiellement les fonds marins bordant l’Australie, l’Afrique du Sud, la Chine et les États-Unis  qui recèleraient cette précieuse denrée, bien que des nappes aient été localisées ailleurs. D’où provient cette eau ? Tout simplement du ruissellement de la pluie, voici quelque centaines de milliers d’années, à travers les sols meubles de certaines parties des continents. A l’époque, le niveau des océans était bien plus bas qu’aujourd’hui et, à ces endroits aujourd’hui submergés par la mer, c’était la terre ferme. Mais il se produirait aussi un phénomène constant de "décharge" des aquifères terrestres vers les aquifères océaniques alimentant encore les réserves. A certains endroits, en haute altitude, la fonte des glaces polaires contribuerait aussi "probablement" à l'apport d'eau douce. Si la quantité évaluée par les chercheurs demande à être confirmée, cette réserve majeure pourrait constituer une possibilité pour faire face à la crise de l'eau. Une alternative pour soulager les nappes phréatiques ? Avec le réchauffement climatique actuel, les difficultés techniques liées à la purification des nappes phréatiques toujours plus polluées, la gestion souvent inappropriée et inique des ressources en eau douce (près d’un humain sur 10 n’a pas accès facilement à de l’eau potable), le recours à ces poches d’eau sous-marines serait une alternative intéressante à la surexploitation des nappes phréatiques continentales, qui pourraient ainsi se reconstituer. Et ce même si ce sont là des réserves non renouvelables, prisonnières de couches d’argile. Néanmoins, les auteurs de l'étude repris par le Monde, ont souligné que "si ces réserves naturelles peuvent devenir dans le futur "une ressource d'une importance stratégique", elles "ne sont pas la réponse à la crise globale de l'eau". 

Maxisciences

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