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Patrimoine : des inégalités en pleine croissance

Publié le par M.Hermassi

ETUDE Depuis six ans, l’écart entre les ménages les mieux dotés en biens de tous ordres et les autres s’est creusé, selon l’Insee.

   De plus en plus inégaux face au patrimoine. Selon l’Insee, le fossé entre les ménages les mieux dotés en biens (immobilier, portefeuille financier) et les familles les moins loties n’a cessé de se creuser depuis six ans, s’accroissant de 30% entre 2004 et 2010.

En France, les 10% des ménages les moins aisés détiennent moins de 2 700 euros de patrimoine brut (avant remboursement des emprunts). A l’autre bout de l’échelle, les 10% les mieux dotés disposent d’un ensemble de biens supérieur à 552 300 euros. Soit un rapport de 1… à 205, qui a crû, d’après l’Insee, de près d’un tiers depuis 2004. Un écart bien plus important que celui relatif au «revenu disponible», qui était, en 2009, de 4,2 entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus riches.

Fiscalité. Impossible, néanmoins, de connaître pour l’instant les raisons de cette explosion des inégalités. Si l’envolée des prix de l’immobilier a, a priori, une part de responsabilité dans ce creusement, d’autres facteurs pourraient avoir eu un impact dans les années récentes, telle l’évolution de la fiscalité sur le patrimoine. Bouclier fiscal, réformes successives de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), abaissement des droits de mutation et de donation pour les plus aisés : autant de mesures qui contribuent à concentrer la richesse nationale entre un faible nombre de personnes. D’autant que l’héritage, selon l’Insee, a une importance cruciale dans la constitution du patrimoine. Ainsi, la moitié des ménages qui ont bénéficié d’une succession ou d’une donation «possèdent plus de 241 300 euros de patrimoine, contre 63 100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié». L’héritage, explique ainsi un responsable de l’Insee, «est un facteur très important d’inégalités entre les ménages».

Pour la première fois également, l’Insee s’est penchée sur le patrimoine des ultrariches. En 2010, les 1% des ménages français les plus aisés détiennent 17% du patrimoine total, pour des biens d’une valeur d’au moins 1,9 million d’euros. En élargissant un peu, les 10% les plus riches disposent de près de la moitié du patrimoine (48%), pour des biens supérieurs à un demi-million d’euros. A l’opposé, 50% des ménages les moins bien dotés ne possèdent, ensemble, que 7% du patrimoine en France (pour des biens inférieurs à 150 200 euros par ménage), et les 10% les plus modestes, 0,05% de la richesse totale (pour des patrimoines inférieurs à 2 700 euros).

Par catégories socioprofessionnelles, ce sont les indépendants, et notamment les agriculteurs, qui disposent du patrimoine médian (la moitié a plus, l’autre moitié moins) le plus important (642 100 euros), suivis des professions libérales (555 900 euros). Parmi les salariés, les ouvriers ont, sans surprise, le patrimoine net médian le plus faible (41 800 euros pour les ouvriers qualifiés, 8 500 pour les non-qualifiés), avec les employés (26 600 euros). Les cadres, de leur côté, disposent du médian le plus important (296 700 euros).

Age. Le patrimoine croît également avec l’âge jusqu’à 59 ans, avant de baisser. Un ménage de moins de 30 ans dispose ainsi d’un patrimoine médian de 10 400 euros, qui s’apprécie jusqu’à 226 600 euros entre 50 et 59 ans, avant de se réduire à 219 000 euros après 60 ans. Enfin, un couple (avec ou sans enfants), dispose d’un patrimoine médian 4 fois supérieur à une personne seule, et 15 fois supérieur à une famille monoparenrale.

Liberation.fr

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