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Orthorexie : quand manger sain devient malsain…

Publié le par M.Hermassi

Orthorexie : quand manger sain devient malsain…

Le concept même peut surprendre. Comment bien manger peut-il devenir source de problèmes ? Comment vouloir faire du bien à son corps en adoptant une nourriture saine peut-il conduire à un comportement déviant, voire néfaste ? Quand cette quête positive tombe dans l'excès et que la seule préoccupation de la journée devient alors la réalisation de repas purs.

Définition de l'orthorexie

L'orthorexie est un trouble récent dont le Dr Steven Bratman a été le premier à décrire en 1971. Le terme vient du grec "orthos" qui signifie droit, correct, et de "orexis" qui veut dire appétit2. Ce trouble du comportement alimentaire se caractérise par l'obsession pathologique de manger sainement et aboutit à de nombreuses restrictions alimentaires. Les orthorexiques excluent de leur alimentation tout ce qui contient des pesticides, herbicides, produits chimiques...

Orthorexie, boulimie, anorexie : les différences

Boulimiques, anorexiques et orthorexiques ont tous un rapport déviant à la nourriture. Mais là où les anorexiques vont se sous-alimenter pour perdre du poids et les boulimiques s'alimenter de façon excessive sans sensation de faim ou de plaisir, les orthorexiques vont mettre l'accent sur la qualité plus que sur la quantité. "Pour l'orthorexique, l'objectif est d'être en bonne santé. Il a peur des effets de l'environnement sur son organisme et va chercher à les réduire par une alimentation saine, de qualité", explique Catherine Dijuste, thérapeute, spécialiste des troubles du comportement alimentaire.

Autre grande différence entre ces trois troubles, il n'existe pas "comme pour l'anorexie et la boulimie, de dimension physiologique dans l'orthorexie. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles l'orthorexie n'est pas considérée comme maladie", poursuit la spécialiste.

Profil de l'orthorexique

Ne se considérant pas comme malades et donc ne consultant pas, il est difficile d'estimer le nombre d'orthorexiques. Pourtant d'après certaines études, on sait que l'orthorexie touche en priorité des adultes. Les femmes et les sportifs réguliers sont plus à risque. Pour les adolescentes, "elle serait plutôt une façon de cacher un autre trouble, comme l'anorexie" estime Catherine Dijuste ; les jeunes filles expliquant leur nouvelle alimentation par un souci de bien se nourrir et de rester en bonne santé.

Les personnes souffrant d'orthorexie sont bien souvent très minutieuses, attentionnées et organisées. Elles veulent avant tout rester en bonne santé, guérir d'une maladie ou rester mince (synonyme de bonne santé pour elles) et vont alors développer leurs propres règles alimentaires auxquelles elles vont s'astreindre. Graisses, sucre, sel, produits chimiques… Les orthorexiques fuient tout ce qu'elles jugent poison pour leur corps. Ils sont majoritairement consommateurs de produits bio et dans certains cas deviennent végétariens ou végétaliens.

En cas d'entorse à ce régime, les orthorexiques sont pris d'un fort sentiment de culpabilité et vont tout faire pour purifier leur organisme : diète, détox, privation…

Orthorexie : quels sont les risques ?

Comme l'orthorexique refuse toute nourriture qu'il juge impure et passe le plus clair de son temps à l'élaboration de ses repas, il va petit à petit se couper de toute vie sociale. Difficile de dîner chez des amis ou d'aller au restaurant quand on ne sait pas d'où vient la nourriture ou comment elle a été préparée. C'est précisément cet isolement qui est la conséquence la plus importante de cette obsession.

Catherine Dijuste se veut rassurante quant aux risques pour la santé : "L'orthorexique veut avant tout être en bonne santé. Il va donc manger en conséquence et il ne risque pas vraiment de développer de manque". Sauf dans certains cas extrêmes où l'orthorexie devient trop restrictive et mène à une perte de poids et à des carences nutritionnelles.

Selon la spécialiste, le principal problème concerne l'éducation alimentaire donnée par des parents orthorexiques : "Ils vont alors transmettre leur peur de l'alimentation-poison à leurs enfants qui à l'adolescence risquent de devenir anorexiques ou boulimiques. Le risque de développer des troubles obsessionnels est grand, car pour eux, il devient culpabilisant de manger".

Sommes-nous tous des orthorexiques en puissance ?

A l'heure où les messages de santé nous exhortent à ne pas manger trop sucré, trop salés, de prendre 5 fruits et légumes par jour, sous peine de mettre notre santé en danger, sommes-nous tous condamnés à devenir orthorexiques ? Pas pour Catherine Dijuste : "On ne devient pas tous orthorexiques. Il faut un terrain propice pour que le trouble se développe". Un terrain que la spécialiste définit par une certaine fragilité : "des personnes à l'estime de soi vacillante, un peu paranoïaques, celles étant toujours dans le contrôle et cherchant à oublier certains problèmes de leur vie en effectuant un transfert sur leur alimentation, seront bien plus sujettes à l'orthorexie que les autres".

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vivre-mieux 08/03/2012 18:28


J'essaie (et je fais tout mon possible pour ça) de faire attention à mon alimentation. Mais j'avoue que quelquefois je me permets quelques folies :) Conclusion: je ne suis pas orthorexique ;)


Stéphanie

M.Hermassi 09/03/2012 09:41



Bonjour Stephanie, vous n'étes pas la seule à se laisser tenter par quelques  friandises ou autre  que nous le regretons aussi tot. C'est Humain, mais ce que vous pouvez faire, et c'est
efficace : vous repeter chaque fois au moment de basculer de vous vous faire la morale en disant : c'est mauvais ce que je fais, et je dois arriver à me contoler. C'est comme pour le cigarettes
on arrete jamais du jour au  lendemain. C'est une volonté qui nait, et grandit au fure et à mesure qu'on se repete l'envie de changer. Alors bonne chance, commencer des aujourd'hui.