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Les secrets dévoilés de l'intestin irritable

Publié le par M.Hermassi

Les secrets dévoilés de l'intestin irritable

 

INFOGRAPHIE - Cette maladie est désormais mieux reconnue et mieux prise en charge.

«Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est aujourd'hui mieux pris en charge, notamment grâce à des critères consensuels qui permettent de mieux orienter le diagnostic», souligne le Dr Gourcerol, gastro-entérologue au CHU de Rouen. Cette affection, qui touche entre 10 et 15 % de la population, se présente en effet sous de nombreuses formes avec une combinaison de symptômes très peu spécifiques qui peuvent ralentir le diagnostic. Par ailleurs, aucun traitement n'a montré une efficacité majeure sur le SII mais certaines approches peuvent se montrer satisfaisantes et doivent être adaptées à chaque patient.

Le syndrome de l'intestin irritable est une maladie qui ne met pas en danger la vie des personnes qui en sont atteintes. En revanche, elle a des conséquences parfois majeures sur la qualité de vie des patients. Le SII touche en très grande majorité les femmes, plutôt avant 50 ans. Il se caractérise par des douleurs abdominales plus ou moins fortes accompagnées de troubles du transit qui tendent plutôt vers la constipation ou vers la diarrhée mais parfois alternativement vers l'une ou l'autre. Les douleurs sont atténuées par le passage à la selle.

Signaux d'alerte

Des critères liés au mode de vie ou à la psychologie du patient peuvent aiguiller le médecin, en particulier le stress, qui joue un rôle important, ainsi qu'une tendance à l'anxiété. Le diagnostic repose donc autant sur l'examen clinique que sur un interrogatoire pour éliminer d'autres pathologies. Avant 50 ans et lorsque les symptômes sont déjà anciens, il n'est pas toujours nécessaire de pratiquer d'autres examens. Face à certains signaux d'alerte comme du sang dans les selles ou une symptomatologie nocturne, le médecin peut parfois demander une coloscopieafin de dépister d'éventuelles lésions dans l'intestin.

«Une fois rassurés sur l'absence de risque majeur pour leur patient, certains médecins ne prennent pas toujours le temps d'expliquer la maladie, regrette le Pr François Mion, gastro-entérologue à l'hôpital Édouard-Herriot, à Lyon. En l'absence de traitement spécifique, ils peuvent également se sentir démunis, sans solution immédiate à proposer aux malades.» Certains médecins ont également tendance à considérer que le SII est une maladie psychologique qui n'est pas de leur ressort, d'autant plus que ces malades sont souvent anxieux et très demandeurs d'examens complémentaires qui ne parviennent pas à les rassurer. Une large proportion de personnes atteintes de SII (20 %) ont connu une expérience traumatique dans leur enfance mais, chez 20 % de patients, c'est une gastro-entérite qui semble être à l'origine du déclenchement du SII. «Il y a une composante psychologique mais la recherche a identifié un certain nombre de phénomènes chez les patients atteints, qui conduisent aujourd'hui à des pistes thérapeutiques», souligne le Pr Bruley des Varannes, directeur de l'Institut des maladies de l'appareil digestif (Imad).

Il n'existe pas aujourd'hui de médicament capable de soigner le SII. En prenant le temps d'explorer les symptômes et le mode de vie de chaque patient, le médecin peut cependant proposer des traitements symptomatiques pour améliorer la qualité de vie. La douleur est une cible majeure, grâce aux antispasmodiques et grâce à des médicaments ou des stratégies de régulation de transit qui améliorent les épisodes diarrhéiques ou constipés. Les conseils hygiéno-diététiques entrent dans la prise en charge, notamment l'activité physique qui joue un rôle important sur certains symptômes. «La qualité du sommeil est un élément majeur pour agir sur la sensibilité viscérale», rappelle le Pr Philippe Ducrotté, professeur d'hépato-gastro-entérologie au CHU de Rouen.

Sur le plan alimentaire, aucune étude n'a confirmé l'influence du lactose ou du gluten mais ils peuvent être impliqués chez certains patients. Il peut être utile de tenir un journal pour identifier avec objectivité les aliments ayant une influence et éviter les régimes trop restrictifs, rarement utiles. Les probiotiques, encore mal connus, n'ont pas fait la démonstration de leur intérêt pour la majorité des patients.

«Le simple fait de savoir de quoi on est atteint, ce qu'est le SII et comment il conduit à ces divers symptômes permet déjà de mieux prendre en charge sa propre maladie, rappelle le Pr Bruley. Nous mettons alors en place, avec le patient, des objectifs thérapeutiques raisonnables pour réduire l'impact des symptômes à un niveau satisfaisant.»

 

LeFigaro.fr

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