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Internet, laboratoire des nouvelles drogues

Publié le par M.Hermassi

 

Dans son livre "Drugs 2.0, the web revolution that’s changing how the world gets high", Mike Power, journaliste pour The Guardian, constate l’impuissance des autorités à endiguer le flot des nouvelles drogues achetées sur le web puis gobées ou snifées par le consommateur.

 

Power rappelle dans son livre sorti début mai 2013 que l’achat en ligne de drogues est aussi vieux qu’internet. Et pour illustrer le propos, il précise qu’en 1971 et 1972, aux USA – toujours dans le bourbier de la guerre du Vietnam, des  étudiants du laboratoire d’Intelligence Artificielle de l’Université de Stanford utilisaient Arpanetpour discuter avec des condisciples du Massachusetts Institute of Technology d’une livraison d’herbe. L’anecdote tirée du livre How the Sixties Counterculture Shaped the Personal Computer Industry du journaliste américain John Markoff ne révèle pas la quantité de marchandise négociée par les étudiants, mais atteste que le réseau – bien avant la création d’Amazon et eBay – a été utilisé pour opérer en toute discrétion.

De nos jours, l’achat de drogues sur internet est une réalité amèrement constatée par les autorités de nombreux pays. Le site Silk Road, accessible sous Tor et où on ne peut payer qu’avec des bitcoins, est souvent cité pour illustrer le phénomène. En 2013, il est possible de demander à un laboratoire en Chine de produire une drogue sans courir un gros risque car la loi est toujours à la traine. Une lenteur qui joue en la faveur du dealer, trop heureux d’importer et vendre cette marchandise ensuite pulvérisée sur des herbes – par exemple. Mike Power parle notamment de l’Herbal Ecstasy.

L’année dernière, soixante-treize nouvelles drogues ont été propulsées sur le marché. Il est précisé qu’elles sont vendues par 700 sites domiciliés en Europe. Avec presque une pointe de nostalgie, Mike Power évoque cette époque où les personnes de plus de trente ans avaient (seulement) le choix entre la marijuana, le LSD, les amphétamines, la cocaïne et l’héroïne. On peut ajouter aussi un zeste de kétamine et une pincée de champignon hallucinogène, mais, même si la liste n’est pas tout à fait exhaustive, c’était là grosso modo le plat de résistance du menu du fêtard des nineties.

De nos jours, la pharmacopée s’est plutôt étoffée. Les substances vendues sur internet sont dans certains cas encore légales. Elles sont affectionnées par les chimistes qui  "cuisinent" en catimini. Ces derniers se tiennent au courant des avancées en lisant des études scientifiques. Avoir une molécule d’avance sur le législateur est important. Sur les 73 nouvelles molécules repérées, pas moins de cinquante reproduisent les effets du cannabis : le "Spice", désormais interdit, est l’exemple le plus populaire en la matière.

Mike Power pousse un cri d’alarme en constatant que le nombre de nouvelles drogues disponibles s’accélère à un tel rythme que les polices et les toxicologistes ne peuvent pas encore toutes les identifier

 

Fluctuat

 

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