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Haro sur les régimes trop riches en protéines animales

Publié le par M.Hermassi

 

Haro sur les régimes trop riches en protéines animales

Les plus gros consommateurs de protéines animales aurent quatre fois plus de risques de mourir d'un cancer.

Deux études ternissent la bonne image dont bénéficient dans les pays occidentaux les viandes et les laitages.

Meilleure disponibilité, diminution des coûts: viandes, poissons et laitages sont très présents dans les assiettes des pays occidentalisés. Ces aliments sont les principales sources de protéines animales dont les effets à long terme sur la santé attirent de plus en plus l'attention des scientifiques. Cette semaine, ce sont deux études, parues dans la revue Cell Metabolism, qui montrent qu'une alimentation riche en protéines favoriserait la survenue de cancers et diminuerait de manière im­portante l'espérance de vie.

Face à l'épidémie d'obésité qui sévit partout aujourd'hui dans le monde, les consommateurs ont été rendus très attentifs à leur consommation de sucres et de graisses, parfois jusqu'à stigmatiser ces nutriments pourtant essentiels. Les protéines bénéficient, elles, au contraire, d'une image très positive. La plupart des régimes amaigrissants leur font la part belle, à commencer par celui de Pierre Dukan, et de plus en plus de sportifs en ajoutent à leur alimentation pour améliorer performances et récupération. Les recommandations actuelles de 0,83 gramme de protéines par kilo de poids de corps sont souvent dépassées.

«Il est dangereux de penser que les protéines sont des molécules neutres, qui ne peuvent être que bénéfiques pour la ligne ou les muscles, prévient Florence Rossi, membre de l'Association française des diététiciens nutritionnistes, qui exerce en milieu hospitalier. La surconsommation de protéines peut avoir des effets directs sur le fonctionnement des reins et du foie, et l'on commence à mettre en évidence les effets à plus long terme.»

«Aussi dangereux pour la santé que la cigarette»

Une équipe de recherche italo-américaine a étudié la consommation de protéines de citoyens américains suivis pendant près de vingt ans. L'analyse montre que les plus gros consommateurs de protéines animales avaient quatre fois plus de risques de mourir d'un cancer, par rapport à ceux qui avaient une alimentation pauvre en protéines animales. «Trop de protéines serait aussi dangereux pour la santé que la cigarette», concluent les chercheurs.

Les protéines sont connues pour stimuler la production d'une molécule, IGF-1, indispensable à la croissance mais qui contribue aussi au développement tumoral. «Les protéines ne déclenchent pas de cancers, mais IGF-1 favorise la croissance des cellules can­céreuses», précise Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l'Institut Pasteur de Lille. De manière intéressante, les chercheurs montrent que la tendance s'inverse après 65 ans. Assurer des apports importants en protéines chez les seniors serait bénéfique, notamment car cela permet de lutter contre la perte osseuse et musculaire. «En vieillissant, la production d'IGF-1 diminue de manière importante, expliquent les auteurs de l'étude. Après 65 ans, il y a donc plus de bénéfices que de risques à manger plus de protéines.»

Privilégier les protéines végétales

Les scientifiques le soulignent: seules les protéines d'origine animale posent problème. «Nous avons délaissé les légumineuses et les céréales, très riches en protéines végétales au profit de la viande et des laitages notamment, rappelle Florence Rossi. Aujourd'hui, ces aliments reviennent doucement sur le devant de la scène et c'est tant mieux car ils sont très intéressants d'un point de vue nutritionnel.»

 

Ce que confirme le travail d'une équipe australienne. Soumises à différents régimes, les souris qui ont démontré la plus longue espérance de vie sont celles qui consommaient peu de protéines et plus de glucides. «C'est exactement ce qu'apportent les légumes secs et les céréales», relève Florence Rossi, qui souligne tout de même que ces aliments sont à con­sommer avec modération par les personnes en surpoids. «Il faut de toute façon éviter de modifier drastiquement son alimentation sans en discuter avec un spécialiste, conclut la diététicienne. Se nourrir est un acte fondamental qui a des effets bénéfiques ou néfastes sur notre santé, et cela ne peut en aucun cas reposer sur des effets de mode.»

LeFigaro.fr

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