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Découverte d'une nouvelle planète proche du Système solaire

Publié le par M.Hermassi

Impression d'artiste de l'étoile Alpha Centauri B et de la planète (crédits : ESO/L. Calçada/N. Risinger (skysurvey.org))

 

Des astronomes européens ont annoncé avoir découvert une nouvelle planète dans le système stellaire le plus proche du nôtre, Alpha Centauri. Identifiée grâce à l'instrument HARPS, celle-ci serait de masse similaire à la Terre mais ne serait pas habitable.

La liste des planètes connues s'allonge une nouvelle fois. Dans la revue Nature parue aujourd'hui même, des astronomes européens en présentent une toute nouvelle qui a été découverte à quelque 4,3 années-lumière de nous. C'est dans le système stellaire le plus proche de notre Système solaire et baptisé Alpha Centauri que la planète a été identifiée. Ce système est en fait composé de trois étoiles : deux prénommées Alpha Centauri A et B, similaires au Soleil et proches l'une de l'autre ainsi qu'une troisième plus distante et baptisée Proxima Centauri.

Depuis la découverte de ce système, les spécialistes ont beaucoup spéculé sur l'existence de corps orbitant autour de ces étoiles mais rien n'avait été trouvé, du moins jusqu'ici. Prénommée Alpha Centauri Bb, la planète a été identifiée grâce à l'instrument HARPS (High Accuracy Radial velocity Planet Searcher) installé au foyer du télescope de 3,6 mètres de l'Observatoire de La Silla au Chili. Comme son nom l'indique, elle a été observée orbitant autour de l'étoile B en à peu près 3,2 jours à une distance de quelque 6 millions de kilomètres. C'est encore moins que la distance qui sépare Mercure du Soleil. Selon les détails dévoilés dans l'étude, la nouvelle planète possèderait une masse similaire à la Terre mais ne serait pas sa jumelle pour autant, au vu de la distance qui la sépare de son étoile.

A titre de comparaison, la Terre est séparée du Soleil d'environ 150 millions de kilomètres et orbite autour de lui en 365 jours. La nouvelle planète serait donc plutôt recouverte de roche fondue et il y a "peu de chance" qu'elle puisse abriter de la vie, selon le Pr Stéphane Udry, directeur de l'Observatoire astronomique de l'Université de Genève. Reste que sa découverte suggère que d'autres mondes davantage habitables pourraient se cacher non loin de notre système solaire. "Les planètes naissent souvent par famille autour d'une étoile. Il est donc possible que d'autres planètes telluriques cohabitent autour d'Alpha Centauri B", a précisé le scientifique ajoutant que cette trouvaille était ainsi une "étape symbolique".

Une "chasse aux planètes" pas si facile

Néanmoins, identifier d'autres planètes pourrait ne pas s'avérer évident dans la mesure où même la découverte de Alpha Centauri Bb n'a pas été facile. En effet, HARPS permet aux astronomes de détecter les petits vacillements gravitationnels qu'une planète induit chez son étoile. Or, ceux provoqués par Alpha Centauri Bb sont extrêmement petits, ne déplaçant son étoile que de 1,8 kilomètre par heure. Il a ainsi fallu plus de 450 mesures de HARPS relevées sur quatre années pour détecter le signal de la planète, a précisé Xavier Dumusque de l'Observatoire de Genève qui a dirigé l'équipe. "C'est une découverte extraordinaire et cela a poussé notre technique jusqu'à ses limites", a estimé l'astronome cité dans un communiqué de l'ESO.

Mais certains scientifiques maintiennent cependant le doute et estiment que l'existence de la planète doit encore être confirmée. "Comme l'astronome américain Carl Sagan a dit un jour 'les déclarations extraordinaires requièrent des preuves extraordinaires'", a écrit dans un commentaire publié dans Nature Artie Hatzes de l'Observatoire d'Etat du Thuringian en Allemagne. "Bien qu'un signal ressemblant à une planète soit présent dans les données, la découverte ne fournit pas vraiment "de preuves extraordinaires". C'est un signal faible dans un signal plus large et bien plus compliqué. De mon point de vue, la question est toujours sujette à débat", ajoute t-il. 

Découvrir une jumelle de la Terre

Au vu des résultats des chercheurs, il y aurait tout de même une chance de 99,9% que la planète existe bien ce qui suffit largement à d'autres astronomes. "La raison pour laquelle ceci semble être une déclaration extraordinaire c'est parce que tout le monde a entendu parler d'Alpha Centauri B ; c'est un nom connu de tous. Ce n'est donc pas extraordinaire en terme de robustesse des résultats, mais juste au vu du fait que c'est une étoile voisine bien connue", estime pour sa part Greg Laughlin de l'Université de Californie qui n'était pas impliqué dans l'étude.

"Ces résultats représentent un pas majeur vers la détection d'une jumelle de la Terre dans le voisinage immédiat du Soleil. Nous vivons des temps excitants !", conclut ainsi Xavier Dumusque.

 

Maxisciences

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