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De gigantesques geysers cracheraient de l'eau sur Europe, le satellite de Jupiter

Publié le par M.Hermassi


On sait depuis longtemps qu’Europe, le satellite glacé de Jupiter, abrite un océan liquide caché sous sa surface. Les dernières observations de Hubble suggèrent que l'eau de cet océan surgirait à la surface sous forme de gigantesques panaches atteignant plus de 100 km de haut.
La lune de Jupiter, Europe, cacherait un océan liquide dont une partie de l'eau serait rejetée sous forme de panaches
Légèrement plus petit que la Lune, Europe est le 6e satellite naturel de Jupiter. Grâce aux observations, les scientifiques savent que la lune est recouverte en surface par une croûte glacée de 20 à 25 km d'épaisseur, où la température oscille entre -160 et -220°C. Malgré ces conditions quelques peu extrêmes, Europe apparait pour certains comme l'objet du système solaire le plus susceptible d'abriter la vie.  En effet, en dessous de la croûte glacée se trouverait un vaste océan liquide de 150 km de profondeur, soit dix fois plus que la fosse des Mariannes connue pour être la zone la plus profonde jamais découverte sur Terre. Il pourrait alors contenir au moins deux fois plus d'eau que la Terre. Mais comment expliquer que l'eau puisse rester à l'état liquide malgré le froid extrême ? D'après les scientifiques, la réponse se trouverait dans la force des marées. Concrètement, l'influence gravitationnelle de Jupiter entrainerait la libération d'énergie sous forme thermique qui servirait alors de système de chauffage à l'océan. De nombreux scientifiques estiment ainsi qu'Europe réunirait les conditions nécessaires pour permettre à des micro-organismes de se développer. Mais aujourd'hui, une équipe a fait une nouvelle découverte à la surface de la lune de Jupiter : de grands jets de vapeur d'eau.  Des jets de 200 km de haut C'est en étudiant des images prises par Hubble entre novembre et décembre 2012 que les astronomes ont constaté la présence de ces panaches. Une existence confirmée en observant de plus anciennes images datant de 1999. Concrètement, ils ont observé un surplus d'oxygène et d'hydrogène au niveau des régions du pôle sud d'Europe. Ces deux éléments proviendraient selon eux, de la décomposition des atomes d'eau situés dans le sous-sol, expliquent-ils dans la revue Science.  "Ces panaches de vapeur d’eau sont incroyablement passionnants s’ils existent bel et bien ; ils pourraient ramener en surface des matériaux provenant de l’océan. Il y a donc peut-être des molécules organiques qui se trouvent à la surface même d’Europe", a indiqué à BBC News le Dr James Green scientifique de la NASA. Et si ces jets sont réellement connectés à l'eau souterraine, il pourrait être possible d'analyser la composition de cette dernière sans avoir à creuser grâce à de futures missions. Ces observations "correspondent à l'existence de deux jets de vapeur d'eau de 200 km de haut", a indiqué Lorenz Roth, du Southwest Research Institute et principal auteur de l'étude. Chaque second, quelque sept tonnes de matériau serait ainsi éjecté de la surface de la lune à grande vitesse. "C'est une quantité extraordinaire. Cela voyage à 700 mètres par seconde... Tout ce gaz jaillit, et quasiment tout retombe vers la surface - cela ne s'échappe pas dans l'espace", a ajouté le Dr Kurt Retherford, également du Southwest Research Institute. Des fractures dans la croûte ? Mais ces phénomènes ne sont pas continuellement actifs. En effet, les jets ne se produiraient que pendant 7 heures. Ils connaitraient un pic au moment où Europe où se trouve au point le plus éloigné de Jupiter et disparaitraient quand la lune s'en rapproche. Ceci suggère que l'accélération des marées pourrait contrôler les jets d'eau, en générant des fractures dans la surface glacée, estiment les chercheurs. Ils ignorent cependant si les fractures parviennent à atteindre la surface de l'océan ou si des processus amènent la vapeur jusqu'à la surface. Les astronomes veulent également chercher à savoir si ces jets ressemblent à ceux observés à la surface de la lune de Saturne, Encelade, où des jets de vapeur à haute pression s'échappent de fines fissures présentes à la surface. "Nous avons de nombreuses questions sur comment cela fonctionne", a ajouté le Dr Retherford.  L'exploration d'Europe, une priorité Au vu de leur découverte, les scientifiques estiment que l'exploration d'Europe devrait désormais apparaitre comme une priorité. La NASA envisage depuis longtemps d'aller y faire un tour. Elle a pour cela imaginé la mission Europa Clipper qui pourrait permettre de passer au-dessus des jets de vapeur. Toutefois, le projet n'en est qu'à un stade préliminaire et pourrait ne pas se concrétiser avant longtemps, notamment à cause de son coût colossal. Un obstacle en période de coupes budgétaires. De son côté, l’Agence spatiale européenne (ESA) a déjà planifié la mission JUICE pour 2022. La sonde spatiale qui partira atteindra le voisinage de Jupiter huit ans plus tard, en 2030. Elle devrait permettre d’en apprendre davantage sur ces océans et ces geysers dont elle pourrait même prélever des échantillons. De plus, à la différence d'Hubble qui ne peut observer les jets qu'au niveau du pôle sud, la sonde pourrait s'approcher de l'équateur d'Europe. "Nous n'avons probablement que l'un des plus grands geysers d'Europe", a souligné le Dr Retherford cité par BBC News. "Il pourrait y avoir beaucoup d'autres jets, haut de 10-50 km, et nous ne les voyons pas. Donc il n'est pas improbable que la mission JUICE puisse voler à travers une sorte de panache à proximité de l'équateur, auquel cas, nous aurions encore une chance de "sentir" la composition des gaz qui en sortent et faire toute sorte d'études intéressantes". (Crédits photo : K. Retherford-Lorenz Roth, Southwest Research Institute / USGS)

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