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Alcool : chassez les idées reçues

Publié le par M.Hermassi

En famille ou entre amis, la fin de l’année est l’occasion de profiter de la fête. Et pour certains, les festivités riment (un peu trop) avec alcoolisation. Entre un apéritif qui dure, un repas bien arrosé et une liqueur pour terminer, les limites sont rapidement dépassées. Sans parler d’accident, car bien évidemment vous aurez choisi entre boire ou conduire, la gueule de bois n’est pas loin. Chacun y va de sa solution miracle pour prévenir les lendemains difficiles. Petit tour d’horizon de ces panacées… parfaitement inefficaces.

Si vous comptez sur des remèdes de grand-mère pour vous éviter les maux de tête, irritations d’estomac, œsophagite et autres nausée du lendemain, nous avons de mauvaises nouvelles. Car vous avez tout faux. Lisez plutôt :

 Je tapisse mon estomac en buvant une cuillère d’huile avant le repas. Par cette méthode, vous ferez marcher le commerce de l’huile, mais c’est tout. La quantité d’alcool ingérée sera la même. Certes, l’huile ralentira son passage dans le sang. Mais elle ne l’empêchera pas. Le danger est que le fêtard se croyant ‘immunisé’, boive davantage !

 Une dose de whisky ou de vodka est plus dangereuse qu’un verre de vin. Faux. Une dose ‘commerciale’ de boisson alcoolisée correspond toujours à la même quantité d’alcool. En clair, un ballon de rouge, une flûte de champagne, un baby de whisky contiennent la même dose d’alcool ;

 En mélangeant vin rouge et vin blanc, la migraine est assurée ! Avec modération et des produits de qualité, il n’y a pas de risque de gueule de bois. Ce qui risque en revanche de provoquer des maux de tête, c’est la tyramine, un acide aminé présent dans le vin blanc et capable de déclencher des migraines.

 Un bon café supprime les effets de l’alcool. Encore une idée reçue. Plus grave, il se peut que les boissons caféinées masquent la perception de l’ivresse. Et là, les risques d’accidents sont réels !

 Un whisky soda contient moins d’alcool qu’un whisky pur. Eh non ! Ajouter du soda ou de l’eau ne modifie en rien le volume d’alcool pur contenu dans le verre.

Ce genre d’exemples n’est que la partie émergée du glaçon. Car au-delà de ce folklore, certains fabricants surfent sur les idées reçues. C’est ainsi qu’ils proposent des produits supposés faire diminuer l’ébriété ou permettre de lutter contre la gueule de bois.

Binge drinking : la mémoire prend l’eau

Une étude espagnole pointe du doigt les ravages du binge drinking chez les étudiants. Ingurgité rapidement et à fortes doses, l’alcool provoquerait des dommages irréversibles au niveau de l’hippocampe, une zone du cerveau essentielle aux fonctions de mémoire. Petit rappel : le binge drinking selon l’OMS, correspond à la consommation d’au moins 5 verres pour un homme, et 4 verres pour une femme, lors d’une même occasion. Autrement dit lors d’un même événement. Or dans la pratique, les jeunes consomment souvent bien davantage…

Le Pr Maria Parada, de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, s’est intéressée aux conséquences, sur la mémoire et l’apprentissage, d’une consommation excessive de boissons alcoolisées par des étudiants. Sa cohorte de 122 volontaires était composée pour moitié de jeunes qui avaient expérimenté plusieurs épisodes d’ivresse rapide. L’autre moitié a constitué un groupe contrôle. Tous ont dû passer des tests pour évaluer leur mémoire et leurs facultés d’apprentissage. Verdict : les adeptes du binge drinking ont obtenu des résultats bien moins bons que les membres de l’autre groupe. Prise de risques inconsidérés, maladies cardiovasculaires et donc, troubles de la mémoire… Le binge drinking révèle chaque jour un peu plus ses méfaits.

Alcool et conduite : les frères ennemis

Prendre le volant, c’est évidemment une responsabilité. Et même si bien des progrès ont été réalisés en matière de sensibilisation, il n’est jamais excessif de rappeler que l’alcool est l’ennemi numéro un du conducteur. Rappelons qu’en France il est interdit de conduire avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,5g/l dans le sang, ou 0,25 mg par litre d’air expiré. Pourquoi 0,5g/l ? Parce qu’à partir de ce seuil notre champ visuel se réduit. Nous éprouvons des difficultés à percevoir les reliefs, la profondeur et les distances.

L’alcool augmente notre temps de réaction et notre sensibilité à l’éblouissement. Mais ce n’est pas tout ! L’effet désinhibant de l’alcool nous amène à sous-évaluer les risques et à conduire dangereusement : vitesse excessive, oubli de la ceinture de sécurité, manœuvres périlleuses…

Et comme le souligne la Sécurité routière, « si l’on admet que le risque d’accident est de 1 pour un conducteur sobre, il est déjà multiplié par 2 à 0,5g/l. Au-delà de ce seuil, le risque augmente de manière exponentielle selon la quantité d’alcool consommée ». Et rappelons que les dangers de l’alcool au volant sont présents bien avant l’ébriété. Même en petites quantités, l’alcool agit sur le cerveau : euphorie, allongement du temps de réaction, trouble de la vision, mauvaise coordination et synchronisation des gestes…

Destination Santé

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