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Maltraitance : des dégâts sur le cerveau des enfants

Publié le par M.Hermassi

Un enfant maltraité en subira les conséquences toute sa vie, mais pas seulement sur le plan psychique. Leur cerveau développe des anomalies dans des zones variées affectant aussi la cognition.

Maltraitance : des dégâts sur le cerveau des enfants

 

Les enfants maltraités physiquement ou émotionnellement, en pâtissent sur le long terme. Selon une étude parue dans l'American Journal of Psychiatry, les problèmes affectifs et les déficits cognitifs constatés chez ces enfantssont la conséquence directe de zones du cerveau affectées par les violences.

L'étude porte sur des imageries en 3D du cerveau de plus de 3 000 personnes maltraitées, qu'on a comparées à celles de 360 personnes non maltraitées. Des zones très variées du cerveau des personnes maltraitées sont affectées, même à l'âge adulte. "La maltraitance d'un enfant agit comme facteur de stress et produit une cascade de changements physiologiques et neurobiologiques qui entraînent des altérations durables dans la structure du cerveau", résume le Dr Joaquim Radua, co-auteur de l'étude.

Un risque accru de schizophrénie

La matière grise présente des anomalies dans plusieurs régions aux fonctions variées, souligne l'étude : certaines régissent la perception sensorielle, les émotions et la dépendance, d'autres la prise de décision, la compréhension du langage. Dans certains cas, les anomalies de la matière grise affectent même la reconnaissance des visages connus, du contexte voire l'identification d'un contexte social ! Dans une région (le gyrus parahippocampique), une anomalie est même associée à un risque accru de schizophrénie.

Ces anomalies se retrouvent chez l'ensemble des personnes maltraitées, même celles qui n'ont pas reçu de médicament. Cela signifie qu'elles sont bien liées à la maltraitance, et non au traitement médicamenteux qui peut suivre.

Les zones les plus touchées sont celles qui se développent tardivement. Ces résultats permettent de mieux comprendre les déficits affectifs et cognitifs chez les patients maltraités pendant l'enfance.

Ils "soulignent les conséquences sérieuses d'un environnement infantile néfaste sur le développement du cerveau. Nous espérons que les résultats de cette étude aideront à réduire les risques environnementaux pendant l'enfance et à développer des traitements qui stabilisent ces altérations morphologiques", conclut le Dr Nadua. 

La maltraitance, selon les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), revêt des aspects très variés, parfois insidieux. Elle se définit comme toute forme de mauvais traitement physique ou émotionnel, un abus sexuel, une négligence quelconque, une exploitation commerciale ou autre, qui aboutit à une blessure réelle ou potentielle.

Topsante

Maltraitance : des dégâts sur le cerveau des enfants

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