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Apercevoir Jésus sur un toast ? C'est tout à fait normal, d'après les scientifiques

Publié le par M.Hermassi

De nombreuses personnes publient régulièrement des images sur le net montrant des visages apparaissent sur des toasts

Vous avez tendance à repérer facilement des visages dans les nuages ou sur du pain grillé ? Une nouvelle étude suggère qu’il s’agit d’un processus cognitif tout à fait normal dont elle explique les mécanismes neuraux.

 

Paréidolie. Voici le nom du phénomène qui pousse la plupart des personnes à reconnaître sur des objets de nature différentes, des visages qui ne sont pas censés y être. De cette curieuse perception naturelle, naissent de multiples témoignages mystiques relatant la manifestation de visions divines. Cependant, s’il vous arrive un jour d’observer sur une des faces de votre tartine grillée le visage de Jésus ou d’Elvis, surtout ne paniquez pas. La paréidolie est tout à fait normale et s’explique aisément. Bien que ce phénomène soit connu depuis très longtemps, les mécanismes neuraux sous-jacents sont toujours restés un mystère. Récemment, des chercheurs de l’université de Toronto et de différents instituts chinois se sont penchés sur cette énigme de taille. Examen IRM Leur étude a consisté à observer ce qui se passait dans le cerveau d’une personne lorsqu’elle identifie l’image d’un visage n’existant pas à proprement parler. Pour ce faire, ils ont fait passer à 20 hommes un examen IRM pendant que ceux-ci visualisaient une série d’images de visages, fortement altérées par de petits éléments parasites. Dans un premier temps, plusieurs types d'images leur ont été montrées : deux présentaient des visages d'homme mais un était net tandis que l'autre était camouflé. Deux autres images montraient des lettres, avec encore une fois, une nette et une camouflée. Enfin, une dernière image entièrement noir-et-blanc a également été utilisée. Les images de visages et de lettres ont été montrées au cours d'expériences séparées d'au moins une semaine mais les résultats ont été les mêmes. Les participants devaient appuyer sur un bouton s'ils pensaient voir un visage ou une lettre, et sur un autre, s'ils ne voyaient rien. Après ce test initial, les hommes ont été mis devant une autre série d'images.  Les chercheurs ont alors dit aux sujets que la moitié de ces dernières contenaient soit un visage, soit une lettre. En réalité, toutes les images ne montraient que du "bruit visuel". Là encore, il leur a été demandé de presser un bouton ou un autre en fonction de ce qu'ils voyaient. Un cortex frontal stimulé Les résultats, publiés dans la revue scientifique Cortex indiquent que les individus qui s'attendent à voir quelque chose dans les images ont plus tendance à effectivement y repérer quelque chose. Les sujets ont vu des visages dans 34% et des lettres dans 38% alors qu'il n'y avait aucun des deux dans les images, rapporte LiveScience.    Grâce aux examens IRM, les chercheurs ont constaté que lorsque les individus tentent de repérer des visages, le cortex frontal de leur cerveau est stimulé. Cette région cérébrale est connue pour générer des attentes. Par la suite, le cortex frontal envoie des signaux au cortex visuel supérieur renforçant ainsi la perception de l’image d’un visage. Mais ce n'est pas tout, dans cette étude, les scientifiques évoquent également le rôle de l'aire fusiforme des visages (FFA). Située dans le gyrus fusiforme, cette région est connue pour intervenir dans la reconnaissance des visages. Or, l'équipe a constaté des différences d'activation à ce niveau entre les personnes qui voyaient des visages et celles qui voyaient des lettres. Ceci suggère que la FFA serait impliquée dans la paréidolie mais aussi que cette aire ne serait pas activée uniquement par les informations visuelles. Autrement dit, les attentes d'une personne pourraient aussi agir sur la perception et les processus neuronaux, faisant apercevoir des formes qui n'existent pas réellement. Toutefois, les chercheurs ignorent pour l'heure les rôles et mécanismes exacts impliqués. Un héritage de l'évolution D'après les spécialiste, le phénomène de paréidolie découlerait de notre évolution. En effet, pour optimiser ses chances de survie, l’homme préhistorique devait être capable d’identifier et différencier en permanence ses semblables de ses proies ou de ses prédateurs. Encore aujourd’hui, cette faculté se traduit par la capacité de notre cerveau à analyser une image pour y détecter un visage ou une forme singulière.

Maxisciences

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